3. Les transformations récentes
Depuis les années 1960, le visage du Groenland s'est considérablement transformé : ces modifications tiennent à des facteurs proprement internes, mais l'ouverture progressive sur le monde d'une société qui, jusqu'alors, avait vécu dans un certain isolement, n'a pas été sans provoquer, en dépit (ou à cause) de l'œuvre remarquable accomplie par la puissance tutélaire, l'apparition d'un « malaise groenlandais » dont les manifestations les plus tangibles ont été les ravages de l'alcoolisme, la flambée des maladies vénériennes, le développement d'une littérature en langue vernaculaire ou la tentative de certains jeunes de résoudre leur problème d'identité par un retour aux valeurs esquimaudes non exempt de xénophobie ou de rejet de la civilisation européenne.
Cela dit, les deux phénomènes qui ont contribué fondamentalement à cette rapide métamorphose du Groenland sont l'explosion démographique et l'évolution des activités économiques.
La population a augmenté à un rythme soutenu jusque dans les années 1990, en raison d'un taux de natalité élevé (22,6 p. 1000 en 1990), d'un taux de mortalité faible (8,4 p. 1000) et d'une diminution spectaculaire de la mortalité infantile. La population du Groenland est ainsi passée d'environ 6 000 habitants en 1800 à 9 000 en 1850, 12 000 en 1900, 20 000 en 1950 et 55 385 en 1991. Elle augmente plus faiblement aujourd’hui, en raison de la baisse du taux de natalité (14,9 p. 1000 en 2007). Les Danois représentent à peu près 11 p. 100 de la population. La densité hors inlandsis est de 0,16 habitant au kilomètre carré et la population se concentre à 75 p. 100 dans les petites agglomérations du littoral occidental, dont la plus importante, Nuuk (ancienne Godthaab), ne comptait en 2009 que 15 100 habitants.
Il a fallu faire face aux conséquences de cette situation, c'est ce à quoi s'est employée la Grönlands Tekniske Organisation, organisme dépendant du ministère du Groenland et chargé de l'aménagement et de l'équipement du […]
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