Pratiquement inconnu hors des frontières de son pays, Grigorios Xénopoulos est pourtant, par l'ampleur et la diversité de sa production, la figure dominante, la plus populaire aussi, de la littérature grecque de l'entre-deux-guerres. Né à Istanbul, auteur d'une vingtaine de romans, d'autant de recueils de nouvelles, il s'est en effet illustré dans tous les genres, du théâtre au journalisme, avec une aisance et un « professionnalisme » qui ne sont pas sans nuire, parfois, à la qualité de son œuvre. À la différence de ses maîtres avoués (Balzac, Dickens, Zola), Xénopoulos ne vise pas à composer une fresque systématique de la société de son temps. Le décor privilégié de ses romans demeure l'île de Zante, où lui-même a grandi parmi les souvenirs vivaces d'une occupation vénitienne puis anglaise, et surtout le monde de la bourgeoisie athénienne, alors en pleine mutation. De fait, la capitale grecque — avec ses nouveaux riches, ses intrigues, mais aussi ses exclus —, dans laquelle Xénopoulos a vécu sans interruption durant plus d'un demi-siècle apparaît bien comme le personnage essentiel de la plupart de ses récits. Converti de bonne heure au démoticisme, écrivant dans une langue tran […]
