5. Grenade aux temps modernes
Les Rois Catholiques Ferdinand et Isabelle prirent Grenade en 1492 et mirent ainsi fin à l'islam espagnol. Mais ils restèrent très attachés à Grenade, où ils voulurent reposer. La ville vit ainsi s'élever rapidement, dans le style de la Renaissance, de grands monuments chrétiens, surtout des églises et des couvents. Grenade resta, sous des aspects nouveaux, une ville d'art.Les Rois Catholiques et leurs descendants directs, les souverains de la maison d'Autriche, aimèrent l'Alhambra, qu'ils défendirent de la ruine ; c'est à ces rois chrétiens que l'on doit la survie des palais musulmans. Plus tard, les Bourbons n'eurent pas le même souci : les palais nasrides, presque abandonnés, durent faire l'objet, au xixe et au xxe siècle, de nombreux travaux de restauration pour retrouver leur aspect primitif.
Les descriptions des voyageurs, les tableaux et les gravures montrent que Grenade conserva longtemps la physionomie qu'elle avait au lendemain de la Reconquête. Mais, au xixe siècle, les cultures irriguées de la vega enrichirent les grandes familles grenadines et donnèrent à tout le pays une prospérité nouvelle. Les quartiers bas de la ville se transformèrent et s'agrandirent en perdant tout leur pittoresque.
Toutefois, l'Albaicín conserve dans ses rues et ses demeures tout son charme andalou, tandis que l'Alhambra restitue l'apogée médiéval de Grenade. La vie présente et l'histoire se juxtaposent plus qu'elles ne se mêlent dans un paysage admirable auquel la montagne neigeuse, toute proche, donne une harmonieuse grandeur.
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