2. Une théologie de la déification
La pensée de Palamas n'est pas un système conceptuel mais une « théologie des réalités », l'expression modeste, nécessairement antinomique, d'une expérience du mystère qui met en cause l'homme total pour le « déifier » tout entier. « Toute parole peut être contestée par une autre, mais quelle est la parole qui peut contester la vie ? » (Défense des saints hésychastes). Cette vie, qui est l'incorporation réelle de l'homme au Ressuscité, Palamas la définit simultanément comme existence dans l'Église et comme existence dans l'Esprit. Car l'Église, dans sa profondeur sacramentelle, n'est rien d'autre que le « corps pneumatique » du Christ, « flambeau de verre » à travers lequel resplendit la gloire de la Trinité. Le baptême et l'eucharistie greffent l'existence corporelle de l'homme, « l'abîme du cœur », à la chair déifiée et déifiante du Christ. Ainsi se trouve justifiée la méthode hésychaste, qui ramène la conscience non vers le nombril, mais vers le « cœur », « ce corps » ensemencé de lumière « au plus profond du corps ». La rencontre personnelle du Dieu vivant permet à l'être entier de l'homme, réunifié à partir du cœur-esprit, de participer à la vie divine : « La grâce de l'Esprit donne au corps aussi l'expérience des choses divines. »
Certes, ce Dieu au-delà de Dieu est l'abîme, le sans-fond radicalement inaccessible. Mais il se révèle abîme d'amour : « Lui qui transcende toutes choses, incompréhensible et indicible, consent à devenir participable... et invisiblement visible. » L'apophase n'est pas seulement une théologie négative, mais, par la crucifixion des concepts et la métamorphose des passions, l'ouverture au Suressentiel qui se révèle sur la Croix, au Dieu caché par le caractère incréé de la lumière même où il se dévoile.
Ainsi Palamas, approfondissant la distinction patristique de la « théologie » et de l'« économie », est amené à discerner en Dieu l'essence inaccessible et les énergies participables ; car « tout entier il ne manifeste […]
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