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GRÉGOIRE PALAMAS (1296-1359)

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Tard et mal connue par l'Occident, la pensée palamite y fit scandale : ridicula dogmata, disait au xviie siècle le grand érudit jésuite Denis Petau qui accusait Palamas de diviser Dieu et de loger l'âme dans le nombril. L'Église orthodoxe, pourtant, avait canonisé Palamas presque au lendemain de sa mort et reconnu dans sa doctrine une expression majeure de la Tradition. Il faut attendre les grands échanges de notre époque pour qu'une pléiade de savants orthodoxes, souvent établis en Occident, écarte définitivement les préjugés et montre dans la synthèse palamite un des très rares approfondissements de la pensée chrétienne depuis la période patristique.

1.  Le défenseur de l'hésychasme

Au tournant des xiiie et xive siècles, l'Église d'Orient connaît un renouveau spirituel auquel la culture byzantine, vigoureuse malgré l'effondrement politique de l'Empire, permet une prise de conscience intellectuelle. La tradition mystique des « silencieux » (hésychastes, de ἡσυχιά, état de quiétude), animée par l'invocation méthodique du nom de Jésus, s'actualise au Mont-Athos, gagne de larges milieux laïcs et s'élargit en réforme intérieure de l'Église : la vie sacramentelle retrouve sa puissance de communion et d'initiation ; les mouvements marginaux de paupérisme évangélique (tels les « zélotes » de Thessalonique) sont assumés et purifiés par l'Église.

Grégoire Palamas est saisi par cet élan rénovateur avant de devenir son porte-parole. Né à Constantinople dans une famille noble, il maîtrise, grâce à de fortes études, les philosophies de l'Antiquité, mais, en 1316, il renonce à une carrière politique pour devenir moine. Pendant vingt-cinq ans, à l'Athos surtout, il s'imprègne de la Bible et des Pères, reçoit l'initiation à la « prière pure » et devient à son tour un maître.

C'est alors que des humanistes, qui marient le rationalisme à un spiritualisme désincarné, mettent radicalement en cause l'hésychasme. Ils ridiculisent les aspects corporels de la « méthode » et nient la possibilité […]

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