4. L'infinie capacité du désir
L'extraordinaire originalité de la pensée de Grégoire de Nysse réside moins dans sa conception de l'infini divin que dans sa conception de l'infini humain. Avant lui, toute la tradition, aussi bien païenne que chrétienne, se représentait la perfection sous la forme de la stabilité et du repos ; tout changement, tout mouvement vers le bien, restait irrémédiablement imparfait et inférieur. Pour Grégoire, au contraire, la perfection réside dans le progrès lui-même, dans la croissance perpétuelle. La réalité humaine est douée d'une capacité infinie de mouvement qui imite, en le poursuivant sans fin, l'infini divin, cet infini divin qui, pour l'homme, n'est jamais un « objet », mais toujours un au-delà. L'infinité du mouvement et du désir humains prend, pour la première fois dans l'histoire, un sens positif.
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