6. Greco, portraitiste
Ce cheminement vers l'essentiel se lit également dans ses portraits : si le Chevalier à la main sur la poitrine (vers 1577-1579, le Prado, Madrid) est encore vénitien dans la composition et l'atmosphère, les portraits plus tardifs de ses amis tolédans (Antonio de Covarrubias, vers 1600, musée du Louvre), d'une technique d'une grande virtuosité, s'attachent surtout à exprimer la personnalité de ces hommes cultivé. La liberté de la touche dans ses œuvres plus tardives, la simplicité de la composition donnent à quelques portraits d'hommes d'Église, Le Cardinal Niño de Guevara (The Metropolitan Museum of Art, New York), Fray Hortensio Felix Paravicino (Isaac Sweetser Fund, Boston Museum of Fine Arts), Francisco de Pisa, donné jusqu'en 1988 comme portrait de Giacomo Bosio (vers 1610-1614, Kimbell Art Museum, Fort Worth), une intensité véridique qui ne peut être comparée qu'à l'œuvre de Velázquez.
Trop longtemps traité comme un génie isolé et sans postérité, Greco doit être compris comme une personnalité complexe marquée par le souvenir toujours vivace de sa formation italienne et par son épanouissement dans le milieu humaniste tolédan. Son apport capital pour le développement de la peinture espagnole réside dans l'expression de la vie spirituelle et dans l'art du portrait qu'il a profondément enrichi.
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