5. L'échange : consommation intérieure et mondialisation
Le commerçant grec est aussi vieux que l'histoire du pays. Et la croissance économique a encore accru toutes les formes d'échanges. La prolifération dans l'ensemble des régions des grandes chaînes de distribution n'a pas fait disparaître la boutique à tout vendre (pantopolion) ou, plus communément encore, le kiosque. Ils confirment l'impression d'économie à deux vitesses, beaucoup plus que d'archaïsme résistant à la modernité.
Le maître mot de l'économie grecque reste la consommation des ménages, qui a toujours soutenu depuis cinquante ans la croissance, au prix d'un endettement structurel, d'une inflation difficilement jugulée pour se contenir dans les critères de Maastricht (4,2 p. 100 officiellement en 2008), et d'une balance commerciale en déficit aggravé (25 milliards d'euros en 2009). Les importations ne cessent de croître sous l'effet de la diversification et de l'élévation de la demande intérieure. Certes, la facture pétrolière est lourde, mais l'importation de produits de consommation domestique coûte encore plus cher, et la balance des échanges se détériore. C'est souligner le mystère constant de l'économie grecque depuis plusieurs décennies : une spirale ascensionnelle qui frise le vertige, une croissance bien visible qu'envieraient bien des pays européens plus équilibrés. La crise financière de 2010 a certes rompu le charme. Mais si l'État est en faillite, les Grecs ne sont pas ruinés, tant la société a construit longtemps son progrès sur ses ressorts propres. Ce n'est pas une des moindres contradictions que le traitement de cheval imposé à la Grèce par les instances internationales et européennes ne réduise encore les moyens de l'État, dans un pays qui n'en a jamais vraiment disposé.
Heureusement, la Grèce a encore la chance de posséder deux ressources spécifiques : le tourisme international et la marine marchande. La mer et le soleil, associés au pèlerinage antique, expliquent le succès de l'attractivi […]
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