4. L'industrie : développement et restructurations
Si l'on veut prendre une mesure rapide de l'essor et des transformations de l'économie grecque, il faut considérer l'évolution de la structure des caractéristiques macro-économiques. En 1962, les exportations sont encore celles d'une nation sous-développée : les produits agricoles représentent 56 p. 100 de leur valeur, les matières premières 30 p. 100, les produits industriels moins de 9 p. 100. Au début des années 1980, les proportions respectives sont passées à 25 p. 100, 8 p. 100 et 44 p. 100. Trois décennies plus tard (2007), l'agriculture, l'élevage et la pêche ne contribuent que pour 4 p. 100 à la richesse nationale, l'industrie et la construction à 20 p. 100, le secteur tertiaire à 76 p. 100. En moins d'un demi-siècle, la Grèce est devenue un pays développé, échangeant avec l'étranger, notamment l'U.E. (près des deux tiers des importations comme des exportations hors hydrocarbures), des produits manufacturés et des services, et satisfaisant une partie de son marché intérieur, dont la demande s'est considérablement accrue en quantité et en qualité.
La mutation est particulièrement nette dans le domaine industriel, où l'on assiste à une profonde transformation des systèmes de production et à des remaniements importants des localisations. Les bouleversements pourraient s'ordonner sous le double signe d'une périodisation banale qui fait se succéder les phases d'industrialisation (années 1960), de diffusion (années 1970) et de restructuration (depuis les années 1980) et d'une exceptionnelle flexibilité des acteurs économiques. Aux activités classiques fondées à l'origine sur la production agricole (alimentation, tabac, textile), se sont ajoutés des secteurs plus modernes et concurrentiels (métallurgie, chimie, chantiers navals ou cimenteries).
Dans cet ensemble complexe, la régression des activités artisanales traditionnelles s'achève sous l'effet des produits manufacturés modernes et de la concurrence internationale. Seule la demande touristi […]
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