2. Une démographie de pays riche : malthusianisme et immigration
Pays ambigu par son évolution historique, la Grèce l'est aussi par sa population. Avant même le décollage économique, la fécondité paraissait ralentie. Depuis le début des années 1970, la Grèce connaît un déclin rapide de sa fécondité, qui atteint des niveaux très bas (1,5 enfant par femme en 2008, contre 2,1 en 1981, natalité 10,4 p. 1000 en 2009). Les causes de cette situation démographique sont complexes : influence de la religion orthodoxe, plus permissive que la religion catholique sur l'avortement, régime dotal des filles, qui retarde l'âge du mariage, élévation du niveau de vie, modifications des mentalités. Un autre signe de cette maturité de la natalité grecque est la diminution rapide des écarts régionaux, gommés par l'unification des genres de vie et des idéologies.
Cet alignement des comportements démographiques sur l'Europe occidentale trouve son pendant dans les tendances de la mortalité. Elle est faible (9,6 p. 1000 en 2009), moins en raison de la structure d'âge d'une population qui vieillit que d'un très bon état de santé général (espérance de vie à la naissance en 2008 de 82 ans pour les femmes, 77 ans pour les hommes), et d'un équipement sociomédical satisfaisant. Forte dans les années 1950, la mortalité infantile, notamment, a connu une baisse remarquable (40 p. 1000 en 1960, 3 p. 1000 en 2009).
Cette modernité d'un mouvement naturel de pays développé, associée longtemps à une forte émigration, explique la faiblesse structurelle du dynamisme de la population. Après les dernières saccades d'une évolution démographique en sursauts brutaux, dus à l'histoire politique, la Grèce s'était engagée dans une lente croissance (7,6 millions d'habitants en 1951, 10,2 en 1991). Elle s'est brutalement accélérée dans les dernières décennies sous l'effet de l'immigration attestée, et certainement sous-évaluée (augmentation de 7,2 p. 100 de 1991 à 2001, mais de 3,4 p. 100 de 2001 à 2010).
C'est d'ailleurs l'importance et la di […]
… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 10 pages…



