6. Le second classicisme
Avec la chute d'Athènes vaincue par Sparte en 404 se termine la période qui, sous le nom de siècle de Périclès, passe aux yeux de beaucoup pour la plus brillante de l'histoire artistique de la Grèce ; et, de fait, ce « siècle » présente, plus nets, plus purs de tout mélange qu'ils ne le furent à nul moment, les caractères les plus typiques et les plus admirables de l'hellénisme. Un métier sûr de lui-même et qui a su vaincre presque toutes les difficultés matérielles s'est mis au service d'un idéal de santé physique et morale, de raison, de noblesse. Le métier reste égal à lui-même dans le siècle qui vient ; il frôle, sans y tomber, la virtuosité ; ce qui se modifie, c'est l'idéal. Les tendances qui s'amorçaient durant la guerre du Péloponnèse prennent plus de force et la sentimentalité sous toutes ses formes triomphe de la logique. La religion elle-même change de caractère et les dieux les plus aimés, le plus souvent représentés sont, non pas les plus puissants, qu'on redoute, mais ceux dont on attend le salut dans la vie et surtout dans l'au-delà : Athènes, d'ailleurs, n'est plus le centre d'où partent idées et formules, les artistes se tournent vers les pays d'Asie, seuls assez riches pour leur fournir une commande importante.
Commande monumentale d'abord : sur la côte anatolienne s'élèvent les édifices les plus importants ; à Xanthos, dans le premier quart du siècle, une tombe royale connue sous le nom de monument des Néréides, vers le milieu du siècle, à Halicarnasse, un autre tombeau, plus somptueux encore, le Mausolée, et puis un temple gigantesque, celui d'Éphèse. Les architectes sont grecs, mais ils se plient à certains usages locaux, acceptant de surmonter le Mausolée d'une pyramide, établissant sur un haut soubassement le monument des Néréides, donnant au temple d'Éphèse une ampleur sans pareille et répandant partout en surabondance un décor sculpté. Pour ce décor, ils se sont adressés à des Grecs, à Scopas en particulier, l'un des maîtres du iv< […]
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