4. La période hellénistique
La conquête de la Grèce par Philippe II de Macédoine et celle de l'Orient par son fils Alexandre entraînent d'incalculables conséquences. C'est la fin du régime de la polis en tant qu'État indépendant, l'annexion de l'Empire perse, le contact direct avec ses religions millénaires.
• Déclin de la religion traditionnelle et création du culte royal
Plus encore qu'au ive siècle, la religion poliade est ébranlée par la désagrégation, cette fois quasi définitive, des poleis. Comment, au reste, Athènes aurait-elle gardé sa confiance à Athéna qui l'avait laissée exposée à de telles alarmes ?
Certes la religion traditionnelle ne disparaît pas, ni dans les cités ni dans les sanctuaires panhelléniques. On bâtit beaucoup de temples nouveaux, notamment en Asie Mineure : création des Attalides, Pergame se couvre d'un ensemble incomparable de temples doriques, Milet reconstruit son Didymeion oraculaire au prix d'immenses dépenses. Délos est dotée par les souverains de magnifiques portiques. Mieux encore, certains dieux helléniques accentuent leur emprise sur les consciences : tel Dionysos, autour duquel s'édifie toute une sotériologie du salut par l'amour qui éclate dans les fresques de tradition hellénistique de la villa Item à Pompéi, où les mystères du dieu s'ordonnent autour de la grande scène de Dionysos et d'Ariane, perdue dans l'ineffable bonheur de la passion salvatrice ; tel encore Asclépios, qui assure la guérison des pauvres mortels et dont certains sanctuaires, comme ceux de Pergame et surtout de Cos, deviennent de somptueux ensembles. Encore faut-il noter qu'il s'agit dans ces deux cas de dieux peu intégrés dans le cadre de la polis.
Cette survivance indiscutable des formes traditionnelles ne doit pas cacher le déclin irrémédiable de la religion civique. Le scepticisme continue à faire des ravages. Il prend une forme philosophique chez Evhémère (fin du ive siècle) qui enseigne que les dieux ne sont que de grands hommes d'autrefois divinisés pour les services qu'ils avaient rendus à l'humanité. Le culte nouveau de la Fort […]
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