4. Les vases : des funérailles au banquet
De la production figurée des anciens Grecs, nous sommes loin de tout connaître ; les peintures restent peu nombreuses, mais aussi quantité d'objets de bois, d'osier, de tissus, toile de Pénélope à jamais défaite pour nous. Le hasard des fouilles, la conservation des objets dans les tombes nous ont cependant transmis un nombre considérable de vases peints, ornés de figures variées qui constituent un riche répertoire iconographique. Produits pour l'essentiel à Athènes aux vie et ve siècles avant J.-C., ils constituent une classe à part dans l'ensemble des images grecques ; créations modestes, dues à des artisans qui ne signent pas souvent leurs œuvres, ils circulent dans un espace privé, objets courants de la vie domestique.
L'usage de ces vases permet souvent d'en comprendre le décor. Certains ont une fonction strictement rituelle. On les utilise pour transporter l'eau lustrale nécessaire aux cérémonies du mariage ou des funérailles, et leur décor présente souvent ces moments rituels, ou leur transposition mythologique. Si l'on veut saisir pleinement la fonction des premières images peintes sur vase, au viiie siècle avant J.-C., il ne faut pas les dissocier du support sur lequel elles figurent. Les grands vases géométriques, premiers témoins d'une nouvelle tradition figurative, sont en effet placés sur la tombe des défunts et jouent le rôle d'un marqueur, d'un sêma, qui localise l'emplacement de la sépulture. De ce point de vue le vase est l'équivalent ou le complément de la stèle. Le décor géométrique dont il est orné a très souvent pour thème le rituel funéraire : exposition du mort entouré de pleureuses ou convoi funèbre. L'image s'intéresse donc dès l'origine à la mise en scène du traitement rituel du corps du défunt et vient s'insérer dans le dispositif de commémoration du mort. À la différence de la statue, ce n'est pas le mort en lui-même qui est mis en avant mais le rapport entre vivants et morts, dans le rituel. À l'époque classiq […]
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