2. Les dieux et les morts
À la diversité du vocabulaire correspond la variété des objets figuratifs en rapport avec le divin. Parmi les représentations divines, il faut distinguer la statue de culte des autres offrandes consacrées aux dieux. La statue cultuelle est le plus souvent abritée en un temple ; le terme hedos, temple, siège ou demeure, s'applique parfois à la statue elle-même, les deux réalités étant confondues. Ce qui compte, plus que la représentation proprement dite, c'est la nécessité de situer en un lieu précis, rituellement déterminé, un point de contact entre les fidèles et le dieu. Let sacrifices et les prières ont lieu à l'autel, devant le temple. Dans la demeure du dieu, la statue cultuelle a pour fonction de rendre le divin présent aux yeux des hommes, de le donner à voir, sous des formes qui peuvent varier. Alors que la vue directe des dieux est insoutenable, comme l'attestent bien des récits mythiques, leur figuration sert de médiation et de support à la relation entre hommes et dieux. Elle constitue un signe qui manifeste la puissance divine. Elle n'est pas le dieu, mais elle est souvent divine, soit par son origine – objet envoyé par les dieux, pierre aux pouvoirs particuliers ou pièce de bois tombée du ciel –, soit par ses qualités plastiques – l'art de Phidias est parfois qualifié de divin.
À toutes les époques on rencontre des objets cultuels qui ne sont pas nécessairement des statues anthropomorphes. Leur fonction iconique peut être purement symbolique, exprimant sous des formes plastiques variées – poteau, pierre, masque – divers aspects du divin. Ainsi Dionysos prend-il l'apparence d'un masque qui ne cache rien mais au contraire révèle sa divinité aux yeux des mortels. Hermès, on l'a vu, se démultiplie fréquemment sous l'aspect de piliers quadrangulaires balisant l'espace dont il a la maîtrise. Non plus installé dans un temple mais disséminé aux carrefours, aux entrées et passages, réparti le long des routes. Les statues d'Hermès, le dieu qui passe […]
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