2. Les lacs orientaux
Du lac Eyasi, situé au sud-est du lac Victoria, jusqu'au lac Rodolphe, la grande fosse orientale contient une série de bassins lacustres dépourvus d'émissaires. Les eaux de pluie, beaucoup moins abondantes que celles qui sont reçues au niveau de la grande fosse centrale, alimentent tantôt des rivières temporaires, dont le lit est à sec durant la saison sèche et dont l'eau se perd dans les sables en saison humide, tantôt des cours d'eau permanents qui se jettent dans une série de lacs et de lagunes jalonnant le tracé de la fosse d'effondrement.
Ces nappes d'eau sont très différentes des grands lacs de la fosse centrale, dont elles n'ont ni les dimensions ni les profondeurs. La plupart sont des lagunes en régression, condamnées, sous le climat actuel, à une disparition plus ou moins rapide. Il en est ainsi du lac Natron, qui n'occupe plus la totalité ni même la portion centrale de son ancienne cuvette, où affleure, aujourd'hui, une étendue de sable et de sel, ainsi que du plus vaste des lacs orientaux, le lac Rodolphe. Son plan d'eau, situé à 375 mètres d'altitude, occupe encore 8 500 kilomètres carrés, mais le lac, dont la profondeur maximale atteint 73 mètres, s'assèche progressivement et a, depuis longtemps, cessé de se déverser dans le Nil. C'est dans la vallée du principal tributaire du lac Rodolphe, l'Omo, qu'ont été découvertes les traces d'hominisation les plus anciennes connues dans l'univers.
Les eaux de la plupart de ces lacs sont salées ou, au moins, saumâtres. Seuls quelques bassins lacustres : lacs Baringo, Nakuru, Naivasha, ont des eaux douces. Dans les autres, la teneur en sels est élevée, due, pour une part, à l'évaporation d'eaux de ruissellement venues de terrains volcaniques riches en substances solubles et, pour l'essentiel, au déversement dans le lac de sources d'eau chaude salée.
Ce sel de sodium, qu'il est facile d'exploiter à ciel ouvert, offre une ressource non négligeable, utilisée par les habitants depuis la plus haute antiquité. Sa valeur économique a paru suffisante pour justifier la construction d'une voie ferrée qui rejoint les rives du lac Magadi. Mais, en interdisant la croissance de la végétation non halophile, ce sel contribue à donner à la fosse orientale un aspect désertique qui la distingue fortement des terres qui l'entourent.
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