La grammaire à Rome est d'abord un héritage, celui de la grammaire grecque. Cet héritage se présente sous les deux aspects fondamentaux de la grammaire à partir de la période alexandrine : l'enseignement proprement dit, ce qui a toujours été la tâche du « grammairien », et la description systématique de la langue, dont la Tekhnè attribuée à Denys le Thrace constitue l'illustration grecque.
1. La source de tout savoir
Comme enseignement, la grammaire conserve ses traits originels : lecture expressive et écriture, explication des mots, interprétation des textes, etc., ce qui donne lieu dès l'époque républicaine à de nombreuses monographies et commentaires de textes. Il n'en reste, au plus, que de courts fragments. Les sujets les plus variés étant abordés à cette occasion, cet aspect de la grammaire apparaît rapidement, à Rome, comme étant la base même de la culture, à partir de l'idée simple que qui sait expliquer les mots sait expliquer les choses, donc le monde. Par le biais de l'étymologie, la grammaire devient ainsi le fondement de toutes les autres connaissances, une sorte de savoir commun à tous les savoirs. Cette tradition aboutit, à l'extrême fin de la latinité, à la somme encyclopédique d'Isidore de Séville, les Origines. On comprend par là que dans le classement des connaissances scientifiques qui apparaît au ier siècle avant notre ère, et qui représentera jusqu'à la fin du Moyen Âge le cadre intangible du savoir (trivium et quadrivium), la grammaire vienne en premier.
2. Les incertitudes des « Systèmes »
Moins diffuse est la postérité de la description systématique de la langue. Elle est représentée à Rome par les Systèmes grammaticaux (Artes grammaticae). L'apparition de ces textes remonte au ier siècle de notre ère : Palémon, le maître de Quintilien, semble en être le premier auteur, mais les textes qui nous restent remontent au plus tôt au iiie siècle (Sacerdos), et les auteurs les mieux connus aujourd'hui datent des ive et ve siècles : Charisius, Diomède, Consentius, Donat et ses commentateurs, bien d'autres encore dont les ouvrages sont réunis dans les huit gros volumes des Grammatici latini
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