7. Grammaires dravidiennes
Le tamoul a la littérature la plus ancienne, qui remonte aux environs du début de l'ère chrétienne. Le texte le plus ancien qui nous en soit parvenu est peut-être le Tolkāpiyam, traité de grammaire et de poétique. Cette œuvre très originale, où l'on ne voit que sous forme de traces l'influence de la grammaire sanskrite, a le mérite de dégager des traits propres au tamoul. Des auteurs plus tardifs ont cherché au contraire à adapter les catégories pāninéennes à la description de leur langue. Le plus célèbre est Pavaṇanti (xiiie s.), dont le Nan̈n̈ūl est considéré comme représentant la meilleure forme du tamoul littéraire.
Les grammaires telugu sont, elles aussi, très dépendantes de la grammaire sanskrite. La plus ancienne, écrite en sanskrit par Nannaya au xie siècle, a été commentée en telugu. La plus marquante est celle de Ketana (xiiie s.).
La littérature grammaticale du kannaḍa est plus riche mais elle est aussi très dépendante de la norme sanskrite. Ses premiers monuments sont des traités abordant conjointement la grammaire et la poétique ; le Kavirājamārga (« Voie royale des poètes ») (ixe s.) en kannaḍa, le Kāvyālokana de Nāgavarma en sanskrit (xiie s.). L'ouvrage qui a eu le plus d'influence est le Śabdamaṇidarpaṇa en kannaḍa de Kesirāja (xiiie s.) ; il représente de façon exhaustive le vieux kannaḍa. La grammaire de Bhaṭṭākalanka (1604), en sanskrit, décrit une forme plus récente de la langue et fournit une grande richesse de faits de linguistique.
On mentionnera, en dernier lieu, une grammaire du maṇi-pravālam (« perle et corail »), langue littéraire importante du sud de l'Inde, qui est un véritable amalgame de sanskrit d'une part (« corail ») et de tamoul ou malayālam d'autre part (« perle »). Cet ouvrage appelé Līlātilakam (fin du xive s.) a l'intérêt de faire apparaître des différences de structures entre sanskrit et langues dravidiennes.
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