Célèbre auteur du xiiie siècle, Gonzalo de Berceo est le premier poète espagnol dont on connaisse le nom. Ce que nous savons de lui, tout en étant fort réduit, dépasse largement nos connaissances sur d'autres auteurs contemporains et même postérieurs : il était prêtre séculier (et non moine, comme on l'affirme trop fréquemment), attaché au monastère de San Millán de la Cogolla à la Rioja. Depuis la fin du xviie siècle, on a en effet connaissance de documents portant sa signature, datés de 1228 à 1242 et qui attestent sa qualité : Berceo signe avec les religieux, et non avec les moines. D'autre part, Berceo indique dans ses poèmes le lieu de sa naissance : le petit village de Berceo, qui deviendra son nom patronymique ; il ne le fait pas par vanitas terrestris, mais afin que ses lecteurs puissent se souvenir de lui dans leurs prières.
Toute son œuvre appartient au mouvement connu sous le nom de mester de clerecía (« métier propre aux clercs », par opposition aux formes favorites des jongleurs). Son vers est l'alexandrin accouplé en strophes de quatre vers monorimes qu'on appelle cuaderna vía ; seul, le chant […]
