Théoricien et artiste chinois, Gong Xian a illustré admirablement, dans son art, ses préceptes théoriques. Dans sa peinture, exclusivement vouée au paysage et évocatrice d'un univers immobile et muet, entièrement déserté de toute présence humaine, la rigueur austère de la structure est enveloppée d'une aura de mystère. Son langage plastique, limité et monotone, possède un accent unique qui exerce une fascination d'énigme. Son registre est étroit, mais il lui appartient en propre et manifeste une totale autonomie à l'égard des courants de son siècle. Alors que ses contemporains se réclamaient tous des modèles Yuan, Gong semble ignorer ceux-ci, à la seule exception de Wu Zhen, dont il peut avoir reçu une certaine influence. En ce qui concerne les maîtres Ming, il professe une admiration particulière pour Shen Zhou, dont le gros pinceau et l'encre généreuse avaient justement commencé à perdre la vogue au profit des nonchalances élégantes et de l'intelligente sécheresse mises à la mode par Dong Qichang. Si l'on veut vraiment chercher des antécédents à la peinture de Gong, c'est plutôt du côté des maîtres Song qu'il faut se tourner.
Comme Gong Xian, le peintre Kuncan, qui était […]
