4. Reconstitutions et fragmentation du Gondwana
Dans l'esprit de nombreux géologues contemporains, le Gondwana était constitué d'un bloc compact autour du pôle (Sud) du Paléozoïque supérieur, rassemblant, comme on vient de le voir, Amérique du Sud, Afrique, Arabie, Madagascar, Inde, Australie et Antarctique. Cependant, à la suite des nombreux travaux réalisés notamment en Asie méridionale et autour du Pacifique, il s'avère que la réalité est beaucoup plus complexe. Nombre d'éléments continentaux, situés actuellement dans les chaînes alpines issues de la Téthys (cf. chaînesalpines, téthys), offrent en effet des affinités gondwaniennes. On est ainsi amené à replacer en position périgondwanienne certaines parties de l'Amérique centrale, du sud-ouest de l'Europe, de l'Asie du Sud-Ouest (Iran, Afghanistan) et du Sud-Est (Birmanie, Thaïlande...), et du Pacifique occidental (cf. téthys, ). Par ailleurs, les relations paléogéographiques des composantes essentielles du Gondwana sont également sujettes à variations selon les chercheurs et, surtout, selon le type de données sur lesquelles elles se fondent (paléontologiques, lithologiques, structurales, paléomagnétiques). Si les relations Amérique du Sud-Afrique-Arabie, d'une part, Australie-Antarctique, d'autre part, sont bien étayées, en revanche, les relations entre ces deux ensembles ainsi qu'avec Madagascar et l'Inde sont encore discutées. La figure illustre deux des propositions les plus récentes à ce sujet.
Cependant, dans de très nombreux cas, d'excellentes corrélations sont établies, sur le terrain, entre de vastes zones de continents maintenant très éloignés. Prenons comme modèle de ce type de corrélation par cartographie et travaux de terrain un exemple proposé par D. Reyre. Traitant du bassin sédimentaire côtier du bas Congo-Gabon, il met en évidence les corrélations entre les formations entourant le craton du Congo, en Afrique, et celui de São Francisco, au Brésil, ces cratons étant stables depuis près de deux milliards d'années (Francevillie […]
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