3. Les glaciations gondwaniennes
Comptant parmi les plus importantes que notre globe ait connues, les glaciations gondwaniennes ont fait l'objet d'études récentes, menées notamment par John C. Crowell et ses collaborateurs, dont nous allons résumer les principaux résultats.
La durée des glaciations gondwaniennes, à la fin du Paléozoïque, aurait été de quelques dizaines de millions d'années. En général, les glaciations sont marquées sur le terrain par un substratum présentant des roches striées et recouvert de sédiments glaciaires ou périglaciaires de type tillites. Ces formations glaciaires continentales passent latéralement, le long des rivages gondwaniens, à des séries marines montrant de grands dropstones, blocs rocheux allochtones ayant été largués par des icebergs au moment de leur fonte. Les études détaillées effectuées dans les différents ensembles gondwaniens montrent bien que chaque lobe glaciaire, dépendance du vaste glacier gondwanien, a varié au cours du Carbonifère et du Permien, avançant et se rétractant en fonction des conditions et des climats locaux.
La figure montre la configuration de la calotte glaciaire gondwanienne à la fin du Paléozoïque ; celle-ci recouvre tout l'Antarctique et émet des lobes importants en Amérique du Sud et dans les îles Malouines, en Afrique méridionale et orientale et à Madagascar, en Inde, en Australie.
Bien que des évaluations très précises ne puissent actuellement être avancées, cette formidable masse glaciaire a dû, à son maximum d'extension, recouvrir une superficie de 15 millions de kilomètres carrés. Atteignant parfois plusieurs kilomètres, son épaisseur était, de manière générale, un peu plus importante en bordure des océans périgondwaniens qu'au centre, peut-être en raison d'une humidité plus grande.
Cependant, quelques chercheurs, parmi lesquels John M. Dickins, suggèrent que cette glaciation a été moins importante qu'on ne le dit généralement : sa phase la plus froide, identifiée par des tillites en Arabie, en Inde, au Tibet, en Australie, en Amérique du Sud et en Antarctique, aurait pris place à la base du Permien (Asselien), époque pour laquelle nous ne disposons pas de preuves de l'existence d'un véritable inlandsis. Avant cette phase, au Carbonifère supérieur, des tillites ne sont connues qu'en Amérique du Sud, en Australie et, peut-être, en Sibérie ; mais elles peuvent tout aussi bien être interprétées comme des dépôts morainiques de montagnes. Après la phase glaciaire du Permien basal, aucun dépôt morainique n'a pu être identifié.
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