2. Stratigraphie des formations gondwaniennes
De manière générale, les séries gondwaniennes reposent, le plus souvent en discordance, sur des formations précambriennes et paléozoïques. Elles s'étagent du Carbonifère supérieur au sommet du Jurassique, donc pendant une durée de l'ordre de 150 millions d'années. Ensuite, la dispersion des continents a déterminé dans chacun d'eux des histoires géologiques différentes, donc des dépôts différents. Les séries gondwaniennes ont recouvert de dépôts identiques une très grande partie des continents méridionaux actuels (Amérique du Sud, Afrique, Arabie, Madagascar, Inde, Australie et Antarctique). Malgré l'érosion importante qui en a enlevé l'essentiel, elles recouvrent encore, dans le monde, une superficie de l'ordre de 30 millions de kilomètres carrés, superficie équivalente à celle de l'Afrique ou près de soixante fois supérieure à celle de la France métropolitaine.
Les séries gondwaniennes, souvent épaisses de plusieurs kilomètres, sont, dans la plupart des cas, restées quasi horizontales. Comme le soulignait déjà Maurice Gignoux dans les éditions successives de son Traité de géologie stratigraphique (1re éd., 1925) : « Combien une telle grandiose permanence nous éloigne des multiples vicissitudes géologiques qu'ont traversées, depuis le Carbonifère, nos pays de la Méditerranée et de l'Europe occidentale ! » Ces dépôts, pratiquement identiques dans les différents continents gondwaniens, sont marqués par les grands faits suivants :
– des glaciations au Carbonifère supérieur-Permien basal, avec sédimentation abondante de tillites (cf. infra) ;
– un « réchauffement » au Permien, caractérisé par le développement des flores à Glossopteris et Gangamopteris et le dépôt d'importants niveaux de houille, épais et réguliers, souvent de bonne qualité ;
– des formations triasiques, essentiellement continentales, qui se déposent sous climat chaud ;
– des formations jurassiques marquées par de très importantes coulées de lave connues sur tous les continents gondwaniens.
Les dépôts gondwaniens se subdivisent toutefois en groupes, systèmes et formations décrits localement sans a priori d'homogénéité et dont les corrélations ne sont pas toujours aisées à établir. Nous tentons toutefois, malgré les grandes divergences qui existent entre chercheurs, de récapituler ces différentes divisions dans le tableau.
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