Goffredo Parise est né à Vicence. La province vénitienne nourrit certes ses premières œuvres : Ragazzo morto e le comete (1951), Le diable se peigne (La Grande Vacanza, 1953), récits dont 1'atmosphère magique allait à contre-courant de la mode, alors résolument néoréaliste, et romans grotesques caractéristiques d'une Vénétie profonde, bigotte et jouisseuse : Odeur de sainteté (Prete bello, 1954), Les Fiançailles (Il Fidanzamento 1956), Luxurieux point ne seras (Amore e fervore, 1959).
Mais la Vénétie de son enfance et de son adolescence – où Parise reviendra attendre la mort, au début des années 1980, atteint par un mal exigeant de constantes dialyses – agira surtout à distance sur son œuvre, au fur et à mesure que la vie l'éloignera de cette région. Parise vit d'abord à Milan, où il travaille dans l'édition, puis à Rome, et jusqu'en Afrique et en Extrême-Orient, sur les traces de son maître et ami Giovanni Comisso. Il sera comme lui un merveilleux journaliste des plaisirs et de l'horreur en écrivant Cara Cina (1966), Due, Tre Cose sul Vietnam (1967), Biafra (1968). […]
