Herbivore ruminant de grande taille vivant en vastes troupeaux dans les savanes du sud-est et du sud de l'Afrique où il effectue de grandes migrations. Classe : Mammifères ; ordre : Artiodactyles ; famille : Bovidés ; sous-famille : Hippotraginés. Effectifs : environ 2 millions.
Parfois surnommé « antilope bleue », le gnou a une silhouette disproportionnée : corps maigre, tête puissante, épaules relevées par rapport à la croupe. Mâles et femelles portent une robe de couleur gris ardoise, une crinière, une barbe et des cornes fines et recourbées. Leur espérance de vie est de l'ordre de dix-huit ans.
Malgré leur taille (1,3 m au garrot) et leur poids (environ 200 kg), les gnous, comme les vingt-quatre autres espèces d'Hippotraginés (cobs, reduncas, bubales, hippotragues, oryx, addax...), sont couramment mais indûment appelés antilopes, qui sont en fait des animaux beaucoup plus petits (Antilopinés). Le gnou bleu (Connochaetes taurinus) est l'espèce la plus courante et la plus nombreuse. Le gnou à queue blanche (Connochaetes gnu), animal de taille plus réduite, est plus rare (environ 5 000 têtes), plus sédentaire et protégé localement.
Ces ongulés se nourrissent essentiellement de graminées et d'herbe sèche (plus de 3 kg par jour). Après une gestation de huit mois et demi, la femelle met au monde un seul petit – pesant environ 15 kilogrammes et capable de marcher dès la naissance – qu'elle allaitera quatre mois durant. 80 p. 100 des naissances ont lieu en début d'année, lorsque l'herbe est abondante.
Les gnous effectuent de longues migrations annuelles de masse (environ 1 500 km par an) qui dépendent de l'importance des pluies et de la densité des effectifs. Lorsque la sécheresse apparaît, les troupeaux de gnous se rassemblent et se dirigent vers le nord. Durant ces déplacements, beaucoup d'animaux périssent, notamment les jeunes, alors âgés de cinq mois.
Comme beaucoup d'herbivores, les gnous forment à l'intérieur du troupeau des harems, chaque mâle défendant son territoire et les femelles qu'il y a rassemblées (de 1 à 100). Ils communiquent par des grognements (ressemblant à « gnou », d'où leur nom), sifflements et meuglements. Ils se reconnaissent surtout à l'odeur et repèrent leurs prédateurs à la vue.
Les gnous sont peu appréciés par les populations humaines locales. Lors de leurs migrations, ils détruisent les cultures et entrent en concurrence avec l'élevage des bœufs, ces derniers pouvant d'ailleurs leur transmettre des maladies telles que la peste bovine, qui peut décimer un troupeau de gnous.
Marie-Claude BOMSEL
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