4. La surveillance des grands versants instables
Si la plupart des glissements de terrain n'entraînent que des dégâts limités, les phénomènes de taille exceptionnelle sont de nature à causer des catastrophes et peuvent même modifier localement la géographie. Les dizaines de milliers de morts au Moyen Âge en Isère et en Savoie pèsent toujours sur la moyenne des victimes de glissements de terrain pour la France entière. Ces catastrophes conduisent à prendre très au sérieux plusieurs versants jugés susceptibles de rupture catastrophique. Une surveillance appropriée devrait permettre de prévoir les ruptures puisque celles-ci sont précédées par des déformations.
En Suisse, où sont connus plusieurs grands écroulements et glissements historiques, le projet national D.U.T.I. (1980-1985) a porté sur la détection et l'utilisation des terrains instables. Tant par comparaison de cadastres anciens et de photos aériennes, que par des mesures géodésiques directes, il a été permis d'améliorer considérablement la connaissance des versants en mouvement. En 1998, des organismes italiens et français se sont unis pour étudier quatre exemples de mouvements « de grande ampleur », sur les deux versants des Alpes, dont le glissement de la Clapière, près de Nice. Ces travaux ont permis la formulation de recommandations sur les actions préventives parfois possibles : destruction de blocs menaçants, confortements localisés, barrières et fosses de rétention, et surtout drainage, la seule parade à l'échelle d'un grand versant.
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