3. Pétrographie et déformation des glaces de glacier
• Close-off et diagenèse
Les carottages à grande profondeur effectués dans l'Antarctique, le Groenland et dans des glaciers alpins ont dévoilé la grande complexité de la pétrographie des glaces de glacier. Leurs textures et fabriques évoluent continuellement sous l'effet des tensions interfaciales entre cristaux, des contraintes et des déformations qui en résultent. Ce métamorphisme, appelé diagenèse, fournit de nombreux types de glace de glacier, qu'il faut donc classer parmi les roches métamorphiques (alors que les glaces de congélation seraient à classer parmi les roches volcaniques, issues d'une phase liquide). Et chaque type de roche glace a une loi de déformation différente.
Dans les glaciers, la glace peut s'être formée de trois façons :
– Dans les glaciers froids, surmontés d'un névé toujours froid en profondeur, le névé se transforme progressivement en glace par compression et frittage, sans présence d'eau. Les pores communicants du névé deviennent des bulles d'air xénogènes vers 70 à 130 mètres sous la surface, lorsque la masse volumique du névé atteint 837 kilogrammes par mètre cube (à − 53 0C) ou 815 kilogrammes par mètre cube (à − 12 0C). Ce phénomène, appelé close-off a été bien étudié, car la masse d'air emprisonnée dépend de la pression barométrique, et renseigne donc sur l'altitude de la surface lors du close-off. Comme il s'agit de régions à très faibles précipitations, la profondeur indiquée n'est atteinte qu'au bout de milliers d'années.
– Dans les glaciers froids, surmontés d'un névé entièrement tempéré en été, il se forme, comme on l'a expliqué, de la glace surimposée chaque été.
– Dans les glaciers tempérés, surmontés d'un névé toujours tempéré au-delà d'une dizaine de mètres de profondeur, le close-off a lieu par compression, frittage, mais surtout par fonte et regel à la surface des grains. Ce dernier processus est très accéléré lorsque le névé est saturé d'eau, devenant ainsi meilleur conducteur de la chaleur.
Sur la vallée Blanche supérieure (massif du Mont-Blanc) à 3 550 mètres d'altitude, le névé issu des neiges d'été (il ne pleut pratiquemen […]
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