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VERDI GIUSEPPE (1813-1901)

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3.  La force du destin

Ce qui assure l'unité d'une œuvre si variée, c'est une certaine constance des thèmes dramatiques : le héros verdien est presque toujours un homme qui s'affirme dans une forte passion, légitime le plus souvent (amour, héroïsme) ; à la suite d'une cascade de circonstances, cette passion, lors même qu'elle va se réaliser, entraîne la destruction du héros, et cette destruction engendre la souffrance, une souffrance rauque qui est souvent chez Verdi à la limite de la révolte : conflit de l'homme et du destin, dit-on souvent ; peu de musiciens ont en effet représenté avec autant de puissance ce combat inégal entre l'héroïsme humain et les forces adverses, qu'elles se nomment ordre social, règles morales ou pouvoir politique ; tragique face à face dont nous avons la version religieuse dans l'admirable Requiem où la créature clame sa détresse devant un Dieu miséricordieux certes mais aussi vengeur. Cependant le destin n'est pas pure extériorité, il vient toujours venger une faute plus ou moins claire, et l'échec ressemble toujours à une expiation, à un châtiment : la faute est parfois évidente (c'est le coup de revolver accidentel qui tue le père de Leonora dans La Forza del destino), mais parfois elle touche au fondement même du personnage, elle sanctionne l'impossibilité d'échapper complètement à un ordre que la passion récuse. Cette dramaturgie, qui devient de plus en plus pessimiste avec l'âge, gouverne toute l'œuvre du maître ; le Verdi du début est nettement héroïque : ses protagonistes sont sans peur et sans reproche comme Ernani ou Manrico, ses héroïnes promptes au sacrifice suprême comme Leonora ou Gilda, les tyrans odieux et brutaux, qu'ils se nomment Nabucco ou Silva ; c'est un monde net et sans bavure où les conflits sont terribles et les chutes sanglantes ; puis le paysage se trouble, sans doute les déceptions de 1848, le changement de climat dans toute l'Europe ont-ils contaminé Verdi : le tyran se fatigue, il doute de lui et de son pouvoir comme Philippe II ou Simon Boccanegra, proches parents du Wotan wagnérien ; l'héroïne aime autant, mais son amour se teinte de culpabilité et cherche moins dans la mort une totale « dédition » à l'être aimé que l'oubli et la fuite ; le héros, lui-même affecté, perd de son assurance (et les quelques accents héroïques que l'on trouve ça et là sont comme des vestiges d'une époque révolue), sa passion se creuse, s'assombrit et devient douloureuse, accusant l'irréconciliable fossé qui s'est créé entre le monde intérieur et le nouvel ordre des choses. Et, touche finale, sur ce morne tableau qui annonce le pathos vériste, s'étend comme un adieu au monde le rire énorme et sarcastique de Falstaff.

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Écrit par :  Christian MERLIN

Giuseppe Fortunino Francesco Verdi naît à Le Roncole, un petit village près de Busseto, dans la province de Parme, alors département de l'Empire français, le 9 ou le 10 octobre. Après le succès d'Oberto, Conte di San Bonifacio (Scala de Milan, 17 novembre 1839) et le fiasco d'Un Giorno di regno (Scala de Milan, 5 septembre 1840),… Lire la suite
LA TRAVIATA (G. Verdi)

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La première représentation de La Traviata, le 6 mars 1853 à La Fenice de Venise, se solde par un échec retentissant. Raison immédiate : le manque de crédibilité des interprètes de la création (la corpulence de Fanny Salvini-Donatelli s'accorde peu au personnage de Violetta et Felice Varesi, qui incarne Giorgio Germont, n'est plus en… Lire la suite
BARBIERI FEDORA (1920-2003)

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…  Opera de New York, Opéra de San Francisco, Lyric Opera de Chicago, Teatro Colón de Buenos Aires –, *elle sera pendant de nombreuses années la plus prestigieuse interprète des héroïnes verdiennes de sa tessiture : Ulrica (Un bal masqué) de 1943 à 1969, Preziosilla (La Force du destin) de 1946 à 1957, Eboli (Don Carlo) de… Lire la suite
BERGONZI CARLO (1924- )

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BOITO ARRIGO (1842-1918)

Écrit par :  Philippe BEAUSSANT

… *Maître de chapelle et compositeur, son principal mérite n'est pas là : mais, poète de surcroît, Boito a fourni à Verdi plusieurs livrets. Homme de lettres, journaliste combatif, garibaldien, sénateur, il fut un ardent défenseur de Wagner. Il apporta, par sa culture, une collaboration précieuse à l'autodidacte Verdi. En outre, rien ne vaut, pour un… Lire la suite
DOWNES EDWARD (1924-2009)

Écrit par :  Universalis

… Pays-Bas). En 1991, Downes devient directeur musical associé et principal chef à Covent Garden, où *il dirige en 1993 Stiffelio et Attila, premiers ouvrages d'une intégrale des opéras de Verdi qu'il envisage, mais ne pourra mener à son terme ; il collabore aux éditions critiques d'opéras peu connus de Verdi, parmi lesquels Lire la suite
FISCHER-DIESKAU DIETRICH (1925- )

Écrit par :  Pierre BRETON

Dans le chapitre "Le verbe et la musique"  : …  ce que certains puristes taxent d'excès d'intellectualisme et de manque d'italianità, *il chante Falstaff à Vienne et participe à des enregistrements verdiens qui font toujours référence : un Rigoletto dont il assume le rôle-titre avec un engagement passionné (aux côtés de Renata Scotto, Carlo Bergonzi, Fiorenza Cossotto, sous… Lire la suite
FRENI MIRELLA (1935- )

Écrit par :  Michel PAROUTY

Dans le chapitre "Les années Verdi"  : …  par Karajan, qui a fait d'elle l'une des vedettes les plus appréciées du festival de Salzbourg. *Verdi prend, dans sa vie artistique, une place de plus en plus importante. Elle incarne tour à tour la Desdemona d'Otello, l'Elisabeth de Valois de Don Carlos (l'Opéra d'Avignon a le bonheur de l'applaudir dans ce rôle), et même le… Lire la suite
FUGUE

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Dans le chapitre "De Bach à nos jours"  : …  ) ont recours à la fugue, mais elle est écrite dans un style beaucoup plus libre. Giuseppe* Verdi lui-même, dans son Quatuor à cordes et dans le célèbre finale de Falstaff, donne des modèles de fugues magistralement conçues. La liberté dont il est question ici concerne la structure dans la mesure où le genre, par… Lire la suite
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Écrit par :  Jean-Vincent RICHARD

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RETHBERG ELISABETH (1894-1976)

Écrit par :  Jean CABOURG

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Rigoletto, VERDI (Giuseppe)

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SCALA DE MILAN

Écrit par :  Gilles de VAN

…  celles de Norma de Bellini (1831) ou de Lucrezia Borgia de Donizetti (1833). *C'est à la Scala que Verdi connut son premier triomphe avec Nabucco (1842) ; si les rapports du musicien avec le théâtre furent souvent houleux, c'est quand même à la Scala qu'il produisit ses deux derniers opéras, Otello (1887) et… Lire la suite
STRACCIARI RICCARDO (1875-1955)

Écrit par :  Jean CABOURG

…  du phrasé de Stracciari lui confèrent une expression noble autant qu'une expansion généreuse. Il *n'a pas besoin de s'inventer une voix pour Verdi, il est le baryton-Verdi au sens le plus vrai du terme. Durant cinquante années consécutives, Stracciari démontrera en Europe comme aux Amériques son indiscutable prééminence. Outre les rôles de… Lire la suite
VÉRISME

Écrit par :  André GAUTHIERAngélique LEVI

… une évidente primauté sur la salle de concerts, les grandes fresques historiques ou légendaires de *Verdi ne pouvaient alors toucher qu'une élite, surtout après Otello (1887), et la conséquence la plus immédiate fut un choix des thèmes et des sujets plus adapté aux goûts et aux tendances de l'époque. L'homme réel, moderne et appartenant… Lire la suite
VERRETT SHIRLEY (1931-2010)

Écrit par :  Jean CABOURG Universalis

… de Verdi, Shirley Verrett, par sa diversité et la richesse de sa palette expressive, est assurément *la chanteuse verdienne des temps modernes. Dans les personnages d'Ulrica (Un ballo in maschera), d'Azucena (Il trovatore), d'Amneris (Aïda) ou bien encore d'Eboli (Don Carlo), qu'elle campe avec aplomb, sa… Lire la suite
VISCONTI LUCHINO (1906-1976)

Écrit par :  Suzanne LIANDRAT-GUIGUES

Dans le chapitre "Au-delà de la perception : le travail sur le temps"  : …  entre images effectivement perçues et images simplement pensées, autrement dit virtuelles. *L'exemple de La Traviata que Visconti a mis en scène à l'opéra avec Maria Callas en 1955, puis en 1963 et en 1967, dans de nouvelles versions, offre une autre modalité de cette esthétique. On sait le goût de Visconti pour l'opéra de Verdi… Lire la suite

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