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VERDI GIUSEPPE (1813-1901)

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2.  « Du bref et du sublime... »

Contrairement à Wagner, auquel on le compare souvent, Verdi n'est nullement un théoricien, et c'est dans sa correspondance que l'on peut glaner ça et là ses idées sur l'opéra : classique par l'importance qu'il accorde au « métier », romantique par la primauté absolue donnée au cœur et par l'intolérance vis-à-vis de toute entrave opposée au créateur, Verdi se fait une idée assez peu mystique et plutôt artisanale de son art. L'inspiration et le savoir-faire sont sa seule loi, la faveur ou la défaveur du public sa seule sanction. Dans ses écrits, on relève d'abord une fidélité à la tradition musicale italienne, selon lui essentiellement vocale, dépourvue cependant de tout dogmatisme : Verdi ne se plie aux formes habituelles (air, récitatif, cavatine...) qu'autant que celles-ci servent son intention dramatique ; en fait, son souci dominant, c'est que tout dans l'opéra serve une logique dramatique axée sur un thème fort, comme celui de la malédiction dans Rigoletto ; mais cette unité dramatique, il la conçoit moins, à la manière wagnérienne, comme un état de tension relativement statique montant lentement vers l'apothéose tragique, que comme une succession rapide ou même brutale de situations fortes qu'il appelle « positions » et qui se caractérisent par le heurt violent de caractères contrastés : « beaucoup de feu, énormément d'action et de la brièveté » écrivait-il à un correspondant ; un exemple de « position » cher à Verdi, c'est la situation qui sert de base dramatique au quatuor de Rigoletto. Cette dramaturgie du conflit imprime aux opéras de Verdi un rythme véloce ; certains débuts sont foudroyants : en quelques scènes le drame est posé, les personnages présentés et plongés au cœur de l'action ; les fins sont encore plus rapides : à peine Ernani a-t-il le temps de rendre le dernier soupir que le rideau tombe précipitamment. Ce que Verdi attend d'une telle fougue est l'effetto, le choc, une succession de chocs jusqu'à la catharsis finale […]

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VERDI GIUSEPPE (1813-1901) - (repères chronologiques)

Écrit par :  Christian MERLIN

Giuseppe Fortunino Francesco Verdi naît à Le Roncole, un petit village près de Busseto, dans la province de Parme, alors département de l'Empire français, le 9 ou le 10 octobre. Après le succès d'Oberto, Conte di San Bonifacio (Scala de Milan, 17 novembre 1839) et le fiasco d'Un Giorno di regno (Scala de Milan, 5 septembre 1840),… Lire la suite
LA TRAVIATA (G. Verdi)

Écrit par :  Christian MERLIN

La première représentation de La Traviata, le 6 mars 1853 à La Fenice de Venise, se solde par un échec retentissant. Raison immédiate : le manque de crédibilité des interprètes de la création (la corpulence de Fanny Salvini-Donatelli s'accorde peu au personnage de Violetta et Felice Varesi, qui incarne Giorgio Germont, n'est plus en… Lire la suite
BARBIERI FEDORA (1920-2003)

Écrit par :  Pierre BRETON

…  Opera de New York, Opéra de San Francisco, Lyric Opera de Chicago, Teatro Colón de Buenos Aires –, *elle sera pendant de nombreuses années la plus prestigieuse interprète des héroïnes verdiennes de sa tessiture : Ulrica (Un bal masqué) de 1943 à 1969, Preziosilla (La Force du destin) de 1946 à 1957, Eboli (Don Carlo) de… Lire la suite
BERGONZI CARLO (1924- )

Écrit par :  Jean CABOURG

… Carlo *Bergonzi (né à Vidalenzo, près de Crémone, le 13 juillet 1924) est le ténor verdien par excellence. Sa carrière, commencée comme baryton, prit son envol en 1951, année du cinquantième anniversaire de la naissance du compositeur du Trouvère. Dès lors, une émission de haute école, parvenue à son acmé dans les années 1960, un legato… Lire la suite
BOITO ARRIGO (1842-1918)

Écrit par :  Philippe BEAUSSANT

… *Maître de chapelle et compositeur, son principal mérite n'est pas là : mais, poète de surcroît, Boito a fourni à Verdi plusieurs livrets. Homme de lettres, journaliste combatif, garibaldien, sénateur, il fut un ardent défenseur de Wagner. Il apporta, par sa culture, une collaboration précieuse à l'autodidacte Verdi. En outre, rien ne vaut, pour un… Lire la suite
DOWNES EDWARD (1924-2009)

Écrit par :  Universalis

… Pays-Bas). En 1991, Downes devient directeur musical associé et principal chef à Covent Garden, où *il dirige en 1993 Stiffelio et Attila, premiers ouvrages d'une intégrale des opéras de Verdi qu'il envisage, mais ne pourra mener à son terme ; il collabore aux éditions critiques d'opéras peu connus de Verdi, parmi lesquels Lire la suite
FISCHER-DIESKAU DIETRICH (1925- )

Écrit par :  Pierre BRETON

Dans le chapitre "Le verbe et la musique"  : …  ce que certains puristes taxent d'excès d'intellectualisme et de manque d'italianità, *il chante Falstaff à Vienne et participe à des enregistrements verdiens qui font toujours référence : un Rigoletto dont il assume le rôle-titre avec un engagement passionné (aux côtés de Renata Scotto, Carlo Bergonzi, Fiorenza Cossotto, sous… Lire la suite
FRENI MIRELLA (1935- )

Écrit par :  Michel PAROUTY

Dans le chapitre "Les années Verdi"  : …  par Karajan, qui a fait d'elle l'une des vedettes les plus appréciées du festival de Salzbourg. *Verdi prend, dans sa vie artistique, une place de plus en plus importante. Elle incarne tour à tour la Desdemona d'Otello, l'Elisabeth de Valois de Don Carlos (l'Opéra d'Avignon a le bonheur de l'applaudir dans ce rôle), et même le… Lire la suite
FUGUE

Écrit par :  PIERRE-PETIT Universalis

Dans le chapitre "De Bach à nos jours"  : …  ) ont recours à la fugue, mais elle est écrite dans un style beaucoup plus libre. Giuseppe* Verdi lui-même, dans son Quatuor à cordes et dans le célèbre finale de Falstaff, donne des modèles de fugues magistralement conçues. La liberté dont il est question ici concerne la structure dans la mesure où le genre, par… Lire la suite
LIVRET, musique

Écrit par :  Jean-Michel BREQUEElizabeth GIULIANIJean-Paul HOLSTEINDanielle PORTEGilles de VAN

Dans le chapitre "La notion de dramaturgie musicale"  : …  au choix d'un modèle théâtral : Wagner subit profondément l'influence d'Eschyle, tandis que *Verdi ne cesse de proclamer sa déférence pour Shakespeare et rappelle inlassablement qu'il faut suivre celui-ci à la lettre. Pourtant, son compagnonnage avec le dramaturge anglais (Macbeth, Otello, Falstaff) révèle un… Lire la suite
NATIONALISME, musique

Écrit par :  Antoine GARRIGUES

Dans le chapitre "Le retour aux sujets historiques dans l'opéra"  : …  du soulèvement des Suisses contre les Autrichiens au xiiie siècle. En 1842,* la création de Nabucco de Verdi à la Scala de Milan déclencha un enthousiasme délirant du public qui fit bisser le chœur Va pensiero, chœur du peuple hébreu aspirant à se libérer de l'emprise des Assyriens, allégorie de la… Lire la suite
OPÉRA - Histoire, de Peri à Puccini

Écrit par :  Jean-Vincent RICHARD

… malgré mille contradictions, de Rameau à Boulez, pense musique avant toute chose. Giuseppe* Verdi (1813-1901) partage avec son contemporain Wagner (1813-1883) une traversée du siècle qui a souvent conduit leurs admirateurs et contempteurs respectifs à entrer dans des polémiques infinies, à juger l'un à l'aune du génie de l'autre. Les… Lire la suite
RETHBERG ELISABETH (1894-1976)

Écrit par :  Jean CABOURG

…  de La Walkyrie, Eva des Maîtres chanteurs de Nuremberg) sut conquérir, grâce à *ses Verdi (Leonora d'Il Trovatore et de La Forza del destino, Amelia d'Un ballo in maschera et de Simon Boccanegra, Desdemona d'Otello), l'implacable Toscanini. Sans doute parce qu'à la redondance… Lire la suite
Rigoletto, VERDI (Giuseppe)

Écrit par :  Alain FÉRON

Dans le chapitre "Auteur"  : …  *Rigoletto (1851) marque un tournant dans la carrière de Verdi. Le compositeur italien a alors déjà écrit une douzaine d'ouvrages, dont Nabucco, son premier grand succès (1842), mais les trois chefs-d'œuvre de sa «trilogie populaire» - Rigoletto ; Le Trouvère et La Traviata (1853) - lui confèrent gloire… Lire la suite
SCALA DE MILAN

Écrit par :  Gilles de VAN

…  celles de Norma de Bellini (1831) ou de Lucrezia Borgia de Donizetti (1833). *C'est à la Scala que Verdi connut son premier triomphe avec Nabucco (1842) ; si les rapports du musicien avec le théâtre furent souvent houleux, c'est quand même à la Scala qu'il produisit ses deux derniers opéras, Otello (1887) et… Lire la suite
STRACCIARI RICCARDO (1875-1955)

Écrit par :  Jean CABOURG

…  du phrasé de Stracciari lui confèrent une expression noble autant qu'une expansion généreuse. Il *n'a pas besoin de s'inventer une voix pour Verdi, il est le baryton-Verdi au sens le plus vrai du terme. Durant cinquante années consécutives, Stracciari démontrera en Europe comme aux Amériques son indiscutable prééminence. Outre les rôles de… Lire la suite
VÉRISME

Écrit par :  André GAUTHIERAngélique LEVI

… une évidente primauté sur la salle de concerts, les grandes fresques historiques ou légendaires de *Verdi ne pouvaient alors toucher qu'une élite, surtout après Otello (1887), et la conséquence la plus immédiate fut un choix des thèmes et des sujets plus adapté aux goûts et aux tendances de l'époque. L'homme réel, moderne et appartenant… Lire la suite
VERRETT SHIRLEY (1931-2010)

Écrit par :  Jean CABOURG Universalis

… de Verdi, Shirley Verrett, par sa diversité et la richesse de sa palette expressive, est assurément *la chanteuse verdienne des temps modernes. Dans les personnages d'Ulrica (Un ballo in maschera), d'Azucena (Il trovatore), d'Amneris (Aïda) ou bien encore d'Eboli (Don Carlo), qu'elle campe avec aplomb, sa… Lire la suite
VISCONTI LUCHINO (1906-1976)

Écrit par :  Suzanne LIANDRAT-GUIGUES

Dans le chapitre "Au-delà de la perception : le travail sur le temps"  : …  entre images effectivement perçues et images simplement pensées, autrement dit virtuelles. *L'exemple de La Traviata que Visconti a mis en scène à l'opéra avec Maria Callas en 1955, puis en 1963 et en 1967, dans de nouvelles versions, offre une autre modalité de cette esthétique. On sait le goût de Visconti pour l'opéra de Verdi… Lire la suite

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