À peu près contemporain de Corelli, Torelli fait avec celui-ci un intéressant contraste, et la disproportion entre l'immense popularité du premier — de son temps comme du nôtre — et la célébrité plus modeste du second n'est pas sans quelque injustice.
Torelli, né près de Vérone, réside à Bologne à partir de 1680, et pour toute sa vie, si l'on excepte six années qu'il passe d'abord à Vienne (1695-1698), puis en Allemagne comme violon solo de l'orchestre du margrave de Brandebourg (1698-1701). Il est remarquable de voir un musicien de réputation internationale reprendre modestement un simple poste de violoniste à la basilique San Petronio ; mais le fait n'est pas unique dans l'histoire de la musique italienne de ce temps : Corelli et, au siècle suivant, Tartini auront une renommée encore plus grande pour une carrière toute de modestie.
La question de l'antériorité des concertos grossos de Torelli sur ceux de Corelli est fort controversée. La date de publication donne l'initiative à Torelli : ses Concerti grossi con una pastorale per il S.S. Natale ont été édités en 1709, juste après sa mort, et le premier recueil de Corelli n'a été publié qu'en 1714. Torelli s […]
