2. La cour des Habsbourg
En 1562, Giuseppe Arcimboldo entre au service de l'empereur Ferdinand Ier à Vienne en tant que portraitiste. Il est reconduit dans cette fonction deux ans plus tard par l'empereur Maximilien II, pour lequel il organise au début des années 1570 plusieurs festivités, en imaginant non seulement la scénographie, mais aussi les costumes et les masques. À partir de 1576, il est à Prague au service de l'empereur Rodolphe II, qui l'envoie en 1582 en Allemagne pour acheter des objets rares, et auquel il offre trois ans plus tard un recueil de dessins préparatoires pour les fêtes organisées durant les quinze années précédentes (Florence, Offices). Sa double activité de conseiller des collections impériales et de coordinateur du rituel de cour nous aide à mieux comprendre la fonction des Têtes composées qui, mises en place dès le début du séjour à la cour des Habsbourg, s'organisent généralement en séries allégoriques. La série des Quatre Saisons, conçue à partir de 1563 (en partie au Kunsthistorisches Museum de Vienne) et dont l'empereur Maximilien II offre dix ans plus tard une réplique à l'Électeur protestant Auguste de Saxe (Paris, musée du Louvre), se combine ainsi à celle des Quatre Éléments, élaborée à partir de 1566, en produisant, d'une part, des couples de correspondances à travers le face à face entre une saison et un élément, d'autre part, l'effet paradoxal d'une plaisanterie sérieuse. Celle-ci consiste à parodier la tradition des Césars représentés sur les monnaies en buste et de profil et, dans le même temps, à symboliser toute la diversité du monde, dominé par l'empire habsbourgeois. Elle revêt donc une portée politique, s'inscrivant parfaitement dans le goût développé à la cour des Habsbourg durant le dernier tiers du xvie siècle.
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