Girodet fait partie, avec Drouais, Gérard, Fabre et Gros, de la première génération des élèves de David, qui étudièrent avant la Révolution dans son atelier, non d'ailleurs sans rivalités. Mais, comme les plus doués d'entre eux, il sut s'affranchir de son maître et développer une veine très personnelle, tout en s'inscrivant dans le même cadre théorique et en suivant, au moins à ses débuts, une carrière académique analogue à la sienne.
Né dans une famille aisée, très vite orphelin mais adopté par son tuteur, le docteur Trioson, qui eut soin de son éducation à Paris, Girodet entra chez David en 1785. Après deux tentatives infructueuses, il obtint le grand prix de peinture en 1789, et il séjourna en Italie de 1790 à 1795, d'abord à Rome puis, en raison des guerres révolutionnaires, à Naples, Gênes, Florence et Venise. Il avait dans le même temps obtenu un considérable succès en France, en exposant au Salon de 1793 Le Sommeil d'Endymion (1791, Louvre, Paris). Ce nu masculin à l'érotisme ambigu, complaisamment offert dans une lumière lunaire irréelle, rompait volontairement avec les thèmes héroïques et vertueux alors à la mode : « Je tâche de m'éloigner de son genre [de David] autant qu'il est possible », écrivait Girodet, ce qui ne l'empêcha pas de donner, l'année suivante, un tableau nettement plus orthodoxe par le sujet, la composition et la facture, Hippocrate refusant les présents d'Artaxerxès (1792, Faculté de médecine, Paris).
De retour en France, il se consacra, pour vivre, à l'illustration des ouvrages d'auteurs classiques, Virgile, Anacréon, Sapho (il devait toujours s'intéresser à l'estampe, et il compte ainsi parmi les promoteurs de la lithographie en France sous la Restauration). Il exécuta aussi des portraits, parmi lesquels celui de Mademoiselle Lange en Danaé (The Minneapolis Institute of Arts), allégorie satirique qui fit scandale au Salon de 1799. Le public et la critique furent encore plus surpris par les extravagances d'idée et de manière de L'Apothéose des héros français morts p […]
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