Occupant une place à part dans la peinture, entre le dernier romantisme et l'éclosion du divisionnisme italien, Giovanni Segantini fut formé à l'académie de Brera à Milan, où il suivit des cours de peinture de 1875 à 1879. Vers 1880 le peintre, maître de ses moyens d'expression, se lie avec le marchand Vittore Grubicy de Dragon qui aura l'exclusivité de sa production. Entre 1880 et 1890, les thèmes « réalistes » prennent une place déterminante dans l'œuvre de Segantini. Durant les dernières années de sa vie, les paysages alpins
deviennent le thème privilégié de l'artiste, qui meurt dans une grange de montagne, au Schafberg, alors qu'il achevait le Triptyque de la vie (il sera exposé, en 1900, à l'Exposition universelle de Paris pour laquelle il avait été conçu. Musée Segantini, Saint-Moritz).
Photographie
Alpes en mai, G. Segantini Giovanni Segantini, Alpes en mai, 1891. Huile sur toile, 54,5 cm × 86,5 cm. Villa Valmarana Malinverni, Lugo di Vicenza.
Crédits: M. Carrieri/ De Agostini Consulter
L'œuvre de Segantini reste enfermée dans des limites étroites. Contemporain de Van Gogh, de Munch et d'Ensor, Segantini soumet son registre idéologique et thématique à un populisme sentimental. Ses paysans idéalisés (L'Ave Maria, 1886, coll. part., San Gallo ; Les Deux Mères, 1889, galerie d'Art moderne, Milan), inspirés peut-être de Millet, et ses effets de lumière obtenus grâce à une touche divisionniste n'aboutissent pas à un renouvellement de la grammaire picturale. Les œuvres « symbolistes » (Les Mauvaises Mères, Kunsthistorisches Museum, Vienne) restent elles aussi trop limitées à une vision du monde sentimentale et manichéenne qui paraît interdire à Segantini l'accès aux problèmes formels soulevés par certains artistes de la fin du xixe siècle.
Charles SALA
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