5. Les madrigaux
En ce domaine, Palestrina apparaît très conservateur. On lui doit cent trente-trois madrigaux (quarante-deux madrigaux spirituels, quatre-vingt-onze madrigaux profanes), mais la plupart d'entre eux ne marquent aucun progrès sur les maîtres de la première époque (Philippe Verdelot ; Jacques Arcadelt). « Une prudence tout ecclésiastique, écrit Pirro, gouverne ici le style, et les pièces amoureuses y ont plus d'onction que de flamme. » Certes, Palestrina connaît à fond la technique du genre, mais il n'innove point et se garde bien de suivre les expériences chromatiques qui séduisirent certains de ses rivaux.
Une mention spéciale doit être faite pour les madrigaux spirituels qui portent la marque de l'inspiration oratorienne.
En deçà des autres madrigalistes quant à l'expression poétique, Palestrina reste en ce domaine comme ailleurs un maître de l'écriture vocale et du coloris harmonique.
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