
Initié par Ferdinando Bibiena, à Bologne, aux règles et aux artifices de la scénographie, des perspectives architecturales et du décor, Pannini complète son éducation à Rome, où il se rend en 1711, chez Benedetto Luti. La protection du cardinal de Polignac et son mariage avec la sœur de Nicolas Vleughels, directeur de l'Académie de France, le mettent en rapport avec toutes les personnalités de la « colonie » française. Il entre d'ailleurs à l'Académie en 1732. Il se spécialise dans des compositions brillantes évoquant les grands événements de la vie romaine (Fête à l'ambassade d'Espagne, 1727, Victoria and Albert Museum, Londres ; Réception de Charles III de Bourbon par Benoît XIV au Quirinal, 1776, musée de Capodimonte, Naples ; Ouverture de la Porte sainte, coll. part.) et surtout des vues urbaines, des paysages, des ruines (Vue du Forum, Ruines romaines avec le Colisée, Ruines avec le Panthéon). Sa formation près des Bibiena l'avait exercé à disposer habilement les ordonnances d'architecture, les portiques, les galeries, mais il sait aussi traiter les grands panoramas de plein air, faire vibrer la lumière et les ombres, disposer heureusement les foules animées, les personnages aux somptueux vêtements, autour de La Place Navone inondée (1756, musée de Hanovre) ou devant Sainte-Marie-Majeure (1743, palais du Quirinal, Rome). Véritable créateur de la « vue idéale », il ouvre la voie à Hubert Robert et aussi à Canaletto, dont la vocation de védutiste s'éveille à la vue des œuvres de Pannini lors d'un premier séjour, à Rome, en 1719.
[…]… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 1 page…



