Deux fois, en 1978, le cardinal Benelli aurait pu être pape. Il avait juste un an de moins que Jean-Paul II. Tandis que le pape polonais se remettait d'un grave attentat, une crise cardiaque a emporté celui dont, lors de deux conclaves, on parlait davantage parce qu'il était plus connu de la presse. S'il avait été élu, on serait ainsi revenu à la solution qui a prévalu, au prix d'un troisième conclave en quatre ans. L'Église romaine y aurait gagné quatre années d'administration rigoureuse aux dépens d'une présence charismatique.
Giovanni Benelli était né le 12 mai 1921 près de Pistoie, en Toscane. Carrière classique d'un sujet brillant, comme on en connaît tant en Italie. Distingué par son curé, il entre au séminaire diocésain, y fait ses études secondaires et ecclésiastiques, achève celles-ci au Séminaire français de Rome (c'est déjà moins banal), est ordonné prêtre avec dispense d'âge (c'est courant) en octobre 1943, obtient à l'Université grégorienne, tenue par les jésuites, sa licence de théologie et son doctorat en droit canonique, fréquente l'Académie diplomatique pontificale et entre en 1947 à la Secrétairerie d'État, dont Pie XII s'est réservé la direction. Cette f […]
