Lombard d'origine, le sculpteur Giovanni Battista Maini vint faire sa carrière à Rome après une première formation reçue à Milan. Travaillant un moment avec son compatriote Camillo Rusconi, qui passait dans le premier tiers du xviiie siècle pour le plus grand sculpteur de Rome, il se vit attribuer une part dans les entreprises majeures de l'époque. C'est ainsi qu'on lui doit l'une des grandes statues de Saint-Pierre (Saint Philippe Néri), l'un des reliefs de l'entrée de Sainte-Marie-Majeure, et surtout un important ensemble de travaux pour Saint-Jean-de-Latran, qui est certainement son chef-d'œuvre.
La chapelle Corsini de cette dernière église, élevée en 1732-1735 par Alessandro Galilei, est un véritable musée de la sculpture romaine dans le premier tiers du xviiie siècle, et Maini y occupe une place importante, avec les tombeaux du cardinal Neri Corsini et du pape Clément XII. Pour représenter le pape assis, Maini s'est inspiré de très près du tombeau que Bernin avait dressé à Urbain VIII, à Saint-Pierre. Toutefois, l'expression est assagie, les drapés retombent avec plus de grâce et moins de véhémence. L'autre tombeau est plus intéressant encore ; le cardinal se tient debout, ayant à sa droite une figure de la Religion qui le contemple et à sa gauche un putto en pleurs. Insérée dans une niche, la composition se définit comme une pyramide, mais, comme la Religion est placée plus bas que le putto, une sorte de zigzag vient déranger ce que cette ordonnance aurait de trop sévère. Nulle gesticulation, mais une espèce de simplicité aimable. On voit ici Maini prendre sa place parmi les artistes qui, dans l'ère baroque finissante, perpétuent la tradition de classicisme tempéré à laquelle Carlo Maratta a redonné vigueur.
Georges BRUNEL
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