La carrière de Pellegrini commence par des voyages en Allemagne, en Moravie, en Autriche, avec son maître Paolo Pagani. En 1700, il est à Rome et découvre le baroque dans l'œuvre de Solimena et dans celle de Luca Giordano. L'évolution de son style se poursuit, sous l'influence de Sebastiano Ricci, à Venise. L'animation décorative de ses compositions, leurs tonalités chaleureuses et brillantes lui valent une renommée considérable. En 1708, le comte de Manchester l'emmène en Angleterre avec Marco Ricci. Il est probable qu'ils exécutèrent ensemble les décors de Pyrrhus et Démétrius, opéra de Scarlatti représenté en 1709 à Haymarket. Il crée à Kimbolton, chez son protecteur, un décor plein de virtuosité et de fraîcheur, multipliant les trompe-l'œil, les touches d'exotisme, les arabesques fleuries. Il travaille aussi à Castle Howard pour lord Carlisle, et sir Christopher Wren pense à lui pour les peintures de la cathédrale St. Paul. D'Angleterre, Pellegrini se rend à Düsseldorf et peint de grandes compositions claires et gaies à la gloire de l'électeur Jean-Guillaume (Entrée allégorique de l'Électeur, Schleissheim). De passage à Paris, vers 1720, il reçoit la commande d'un plafond (aujourd'hui détruit) à l'hôtel La Vrillière (Banque de France) et s'en acquitte avec une promptitude qui déconcerte un Mariette mais n'en influe pas moins sur la peinture rococo en France. Ses tableaux religieux sont traités avec la même liberté allègre, la même élégance. Ses longs séjours à l'étranger ne lui permettent pas d'exercer une influence réelle à Venise. Son œuvre prélude pourtant au remarquable développement qu'allait y connaître la peinture décorative.
Photographie
César devant Alexandrie, G. A. Pellegrini Giovanni Antonio PELLEGRINI, César devant Alexandrie, huile sur toile. Birmingham Museums and Art Gallery, Royaume-Uni.
Crédits: The Bridgeman Art Library Consulter
Marie-Geneviève de LA COSTE-MESSELIÈRE
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