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MORANDI GIORGIO (1890-1964)

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2.  L'expérience métaphysique

Après 1915, Morandi poursuit ses études portant sur la structure élémentaire des objets. Les Nature morte des collections Mattioli et Frua sont intéressantes à cet égard, car elles confirment la persistance d'une profonde recherche formelle. Ces tableaux cependant recèlent une dimension nouvelle, en introduisant le spectateur dans un espace où les objets échappent nettement à leur réalité matérielle. Dès lors, l'œuvre de Morandi s'ouvre à nouveau aux sollicitations extérieures. C'est entre 1919 et 1922 qu'il participera à l'activité du groupe des peintres métaphysiques. L'exposition de la Primaverile fiorentina à Florence, à laquelle il prend part avec Giorgio De Chirico, Carlo Carrà et Arturo Martini, confirme son engagement. De Chirico présente l'œuvre de Morandi dans le catalogue en affirmant « qu'il cherche à créer et à retrouver tout l'univers grâce à sa solitude ». Dans les toiles de cette période, les objets définis par le regard froid du peintre sont les seules présences qui envahissent un espace dépouillé et géométrique. L'accent mis sur les valeurs spatiales et l'intérêt particulier accordé à la perspective dénotent sa volonté d'abandonner provisoirement la dislocation des plans et des volumes. Mais cette partie de son œuvre, qui paraît aujourd'hui comme une parenthèse, s'achève dès 1920.

L'artiste reviendra alors à ses thèmes de prédilection, en les dépouillant toujours davantage. Seule une gamme restreinte d'objets subsistera. Les cruches, les pots, les vases, les bouteilles, les flacons et les fleurs seront analysés, étudiés sous l'effet de diverses ombres et de divers rayons lumineux. Ces thèmes, déjà présents dans les tableaux de 1916, semblent clore la courbe d'une œuvre repliée sur elle-même, obstinée dans ses retours, toujours insatisfaite, variation infinie de mêmes images.

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