Province iranienne située au sud-ouest de la mer Caspienne, le Gilān contraste avec le reste du pays par ses pluies et sa végétation abondantes et par l'originalité de son peuplement qui se caractérise par une forte densité de population (2 404 000 hab. en 2006, sur 13 952 km2), par un habitat dispersé et par des dialectes et des coutumes mieux conservés qu'ailleurs. Le Gilān (le Djīlān des géographes arabes), fragment de la région sud-caspienne, s'insère entre l'Ardabil et le Mazandéran ; les régions de l'Arak et du Zindjān, rattachées administrativement au Gilān, n'en font pas partie géographiquement. Le Gilān proprement dit comprend essentiellement trois régions : au sud, l'Elbourz et le bassin du Shāhrūd-Kizil Ouzen ; au nord, la grande plaine littorale constituée dans sa partie centrale par le delta de Sefid Rūd ; elle est prolongée à l'ouest par les pays du Fūmanāt et des Tavālesh, qui conservent leurs particularismes linguistique et ethnique (population mélangée de Tāleshī et d'Azeri). Tourné vers la Russie et l'Europe, le Gilān a contrôlé pendant des siècles l'une des deux routes reliant l'Occident à l'Asie. Malgré sa mise en valeur (introduction ou développement de la culture du thé, du riz, des agrumes et du tabac ; lutte contre la malaria et l'analphabétisme ; construction du barrage du Sefid Rūd ; oléoduc ; exploitation de pêcheries exportatrices de caviar), cette région conserve une structure sociale archaïque.
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Iran Carte politique de l'Iran
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Ayant échappé à la domination arabe et à la première pénétration turque, le Gilān ne fut complètement soumis au pouvoir des grands conquérants qu'à partir de l'époque mongole. C'est surtout sous les Safavides que la région joua un rôle économique important, non seulement par un commerce de transit mais aussi grâce à ses productions locales, notamment la sériculture, qui attirait dès le Moyen Âge les négociants byzantins et européens. Lors de l'effondrement du pouvoir safavide, cette région fut occupée par les Russes (jusqu'en 1734). La ville la plus importante est le chef-lieu Rasht (557 300 hab. en 2006) qui a supplanté Lahidjān et le port de Bandar Anzali (ancien Bandar Pahlavi).
Jean CALMARD
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