Peintre, écrivain et cinéaste d'avant-garde né à Livourne. Baruchello, après avoir fait un doctorat de droit, a créé, très jeune, une entreprise de produits biochimiques qu'il a abandonnée définitivement en 1959, malgré sa réussite, pour se consacrer à la peinture. Après une première phase d'expérimentation « informelle », où il utilisait un vernis noir sur la toile blanche, il a choisi comme éléments premiers d'un vocabulaire de formes personnelles les pièces d'une turbine électrique qu'il a démontée et auxquelles il a donné des noms : Image-stimulation, Entité hostile, etc. En 1962-1963, il recouvre de blanc des livres, des journaux en pile : les Cimetières d'opinions, le Monument aux non-héros. Pour sa première exposition à New York, en 1964, il présente un ensemble de dessins de machines imaginaires sur plaques de plexiglas superposées.
Sa rencontre avec Marcel Duchamp en 1963 fut décisive. Il lui consacrera, avec Henry Martin, un livre publié aux États-Unis en 1985 : Why Duchamp ; c'est l'œuvre même de Duchamp, son extrême liberté, ses inventions qui vont lui servir de miroir, plutôt que de modèle, pour se découvrir lui-même. Baruchello, après avoir peint au minium, avec le doigt, les formes de son premier vocabulaire, va utiliser le hasard pour accomplir une œuvre considérable, où des images de petite dimension, accompagnées de textes écrits à la main, restituent le pullulement des événements qui l'intéressent dans tous les domaines : politique, social, scientifique, poétique, sans jamais les séparer du contexte quotidien de sa propre vie. Tableaux, dessins « vus de loin », qui exigent, contrairement à la plupart des tableaux modernes, d'être lus de tout près.
Au-delà de toute visée esthétique, Baruchello cherche à atteindre ce qu'il appelle la « beauté éthique ». Pour lui, l'exercice de la peinture se lie à une « soft-technology de la survie du moi », qui implique une résistance particulière à l'égard des formes les plus contraignantes de la société et du pouvoir. Il procède à l'enregist […]
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