Le cinéma italien des années 1960 et 1970 avait le cœur assez large pour qu'y cohabitent le génie visionnaire de Fellini, l'élégance inquiète d'Antonioni, les derniers flamboiements de Visconti et un cinéma civique qui se voulait responsable et engagé. Des films de Francesco Rosi, d'Elio Petri, des frères Taviani, de Giuliano Montaldo. Des films qui avaient comme dénominateur commun cet acteur mince, au regard droit, aux mains éloquentes, Gian Maria Volonté.
En France, on a appris à le connaître au temps des ciné-clubs militants, dans deux films qui n'avaient pas eu d'exploitation commerciale : en 1963, Un homme à brûler (le premier film de long métrage des frères Taviani, alors associés à Valentino Orsini), qui disait la geste de Salvatore Carnevale, un syndicaliste sicilien assassiné par la mafia. Puis, en 1964, Le Terroriste (première œuvre, là encore, de Gianfranco De Bosio, plus connu comme metteur en scène de théâtre), qui évoquait, en termes de politique et de morale plus que d'action, l'organisation de la Résistance dans une Venise hivernale.
Né à Milan, Gian Maria Volonté avait fait du théâtre, du côté de chez Brecht. On l'avait vu à la télévision, il avait eu de petits rôles au cinéma (le premier dans Sous dix drapeaux, un film de guerre anodin de Duilio Coletti en 1960), on l'avait même vu en jupette dans des péplums d'Edgar Ulmer ou de Cottafavi. Ni Un homme à brûler ni Le Terroriste n'ont fait de lui une vedette. C'est paradoxalement dans les premiers westerns transalpins de Sergio Leone, Pour une poignée de dollars (1964) et Et pour quelques dollars de plus (1965), que Gian Maria Volonté, bronzé, barbu, bardé de cartouchières, est devenu populaire dans son propre pays... En 1967, il rencontre Elio Petri qui le dirige dans À chacun son dû, adapté d'un roman de Leonardio Sciascia.
C'est le temps où le cinéma italien s'engage et se montre plus immédiatement politique que le cinéma français. Un cinéma grand public, qui questionne le présent et le passé proche. Volonté, depuis longtemps militant du P.C.I. […]
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