Petit-fils et fils d'imprimeurs piémontais, Bodoni quitte Saluces, sa ville natale, en 1758 pour Rome, où il espère trouver une situation digne de son talent, ainsi que la protection de son oncle l'abbé Bodoni. Celui-ci lui fait rencontrer le secrétaire du cardinal Spinelli, préfet de la Propagande. C'est ainsi que le jeune Giambattista entre à l'imprimerie de cette institution où il est chargé de mettre de l'ordre dans les caractères Garamond achetés par Sixte Quint. Dans le même temps, il étudie les alphabets orientaux, devient spécialiste du tibétain. Compositeur renommé, il passe son temps à l'étude de la typographie. Grâce à l'Allemand Berghen, qui lui apprend la gravure sur métaux, il s'initie à la gravure des caractères. Sa réputation atteint bien vite le petit cercle des amateurs de la beauté, mais aussi de la clarté, et qui voient dans la typographie un art capable de répondre à leurs aspirations. L'ambassadeur d'Espagne tente de l'enlever à l'imprimerie de la Propagande, mais c'est le ministre d'État des ducs Philippe puis Ferdinand de Parme, le célèbre Guillaume du Tillot, qui se l'attache, d'abord en qualité de prote, puis de directeur de l'imprimerie ducale en 1768. […]
