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GHOUTA

Nom général donné aux oasis de Syrie et particulièrement à celle de Damas. La Ghouta de Damas, l'une des plus célèbres et des plus grandes oasis du monde, regroupait plus de 30 000 hectares de jardins cultivés dans une centaine de villages. Elle est indissociablement liée à Damas dont elle fut longtemps l'écrin de verdure : en organisant son développement, la ville s'était assuré les bases d'une prospérité qui permettait à son tour l'extension de l'oasis. Cependant, au cours du xxe siècle, l'étalement urbain s'est fait aux dépens de la Ghouta.

Celle-ci correspond au cône de déjection du Barada, grosse rivière née dans l'Anti-Liban. Dans les gorges de Raboué, en amont de Damas, sept canaux de dérivation saignent le Barada, se dispersent en éventail à la sortie des gorges et se ramifient en une multitude de canaux qui irriguent le bassin de Damas, aussi loin que le permet leur débit. Les canaux les plus anciens sont d'époque araméenne (~ Ier millénaire) : le plus important est le Thora ; le Kanawat est d'époque romaine ; le dernier canal, le Yezid, fut construit sous les Omeyyades (viie-viiie s.). L'irrigation est intermittente, à heures et jours déterminés : la répartition de l'eau s'effectue selon un cycle traditionnel, l'addan.

À la périphérie de la Ghouta s'étend le Merdj (la prairie) : à l'époque araméenne, il semble avoir été intensément cultivé et densément peuplé ; puis il se transforma de zone de culture en zone de pâturage et fut conquis par les nomades. Une timide reconquête sédentaire commença au milieu du xixe siècle : des villages fortifiés contre les bédouins se créèrent, dont les habitants (felleh : paysans) pratiquèrent la culture des céréales sur les terres partiellement inondées en hiver. L'eau se raréfie dans le Merdj.

La Ghouta, qui approvisionne Damas en légumes et fruits (dont ses célèbres abricots), régresse également en raison du manque d’eau. Depuis les années 1950 et l’extension de Damas, la ville puise dans la nappe phréatique, privant l’oasis d’une partie de ses ressources en eau. En outre, les eaux pompées sont trop riches en sels minéraux pour les cultures maraîchères, ce qui entraîne le déclin de l’activité agricole.

Jean-Marc PROST-TOURNIER

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« GHOUTA » est également traité dans :

DAMASCÈNE

Écrit par :  Jean-Marc PROST-TOURNIER

… *Région de la Syrie centrale, dans la mouvance de Damas, la Damascène se divise en deux zones très contrastées : le bassin de Damas et le Kalamoun ; à la charnière des deux contrées, Damas apparaît comme leur point de polarisation commun. Le bassin de Damas est une cuvette remblayée d'alluvions fertiles, limitée, à l'ouest, par le dernier chaînon du… Lire la suite

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