5. De l'émancipation à la période nazie
• La fin du ghetto classique
L'époque des Lumières relâche l'emprise de l'Église sur les corps sociaux et politiques et l'émancipation des juifs est proposée en Prusse par C. W. Dohm, en France par l'abbé Grégoire. Le vote de l'Assemblée nationale constituante (septembre 1791) émancipant les juifs creuse une brèche dans la ségrégation. Les armées révolutionnaires réalisent l'abolition systématique du ghetto italien : des feux de joie sont allumés partout avec les portes du ghetto et les rouelles des juifs, les murailles sont abattues, des arbres de la Liberté sont plantés à Ancône et à Padoue en 1798. Sous l'influence française, le ghetto s'ouvre presque partout en Occident. Mais la chute de l'Empire napoléonien permet le rétablissement juridique et matériel du ghetto italien : la papauté l'impose jusqu'à la fin de sa domination sur Rome en 1870. Au xixe siècle, les juifs d'Europe découvrent la misère du ghetto en pays musulman et consacrent leurs efforts à la « régénération » sociale et culturelle de ses habitants. Le passage d'une société de type médiéval à une société intégrée de type occidental est facilité pour les juifs des pays arabes, entre 1860 et 1960, par l'action de l'Alliance israélite universelle.
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