Homme d'État roumain, né le 8 novembre 1901 à Bârlad (Moldavie), mort le 19 mars 1965 à Bucarest (Roumanie).
Rallié à la cause révolutionnaire aux lendemains de la Première Guerre mondiale, Gheorghe Gheorghiu-Dej adhère en 1930 au Parti communiste roumain, alors dans la clandestinité. Cheminot, il est condamné à une peine de douze années de travaux forcés pour sa participation à la grève de Grivita en 1933. Il s'échappe de prison en août 1944. Gheorghiu-Dej est déjà secrétaire général du parti quand éclate le coup d'État antifasciste du 23 août 1944, qui donne le signal de l'entrée en guerre de la Roumanie contre l'Allemagne. Il devient ministre des Télécommunications au sein des premiers gouvernements de libération (1944-1946). Au début de 1945, malgré sa position relativement mineure dans le gouvernement, il joue un rôle important dans l'éviction du Premier ministre Nicolae Radescu, à la suite de laquelle il met en place un gouvernement d'union nationale où prédominent les communistes et leurs alliés politiques. Entre 1946 et 1952, Gheorghiu-Dej exerce des responsabilités de premier plan dans la planification économique gouvernementale et, dans le fidèle respect des objectifs de collectivisation fixés par l'Union soviétique, il œuvre en faveur de l'industrialisation de la Roumanie.
En 1952, une fois le parti purgé de ses rivaux de la « faction moscovite », Gheorghiu-Dej devient Premier ministre. Durant son mandat, il met progressivement en œuvre, en matière économique et d'affaires étrangères, des politiques qui servent avant tout les intérêts nationaux au détriment du socialisme international défini par les responsables soviétiques. Il démissionne en 1955. En 1961, il revient aux affaires en qualité de président du Conseil d'État, charge qu'il occupera jusqu'en 1965. Plus que jamais déterminé à progresser dans la voie de l'indépendance et en dépit de l'opposition des autres États du bloc de l'Est, pour qui l'économie roumaine doit rester centrée sur l'agriculture, il lance en 1964 un ambitieux programme d'industrialisation. Au milieu des années 1960, il réaffirme l'indépendance de la Roumanie par rapport à la domination soviétique en tissant des relations cordiales avec les pays non communistes, ainsi qu'avec la République populaire de Chine, qui ne cesse de se démarquer de l'U.R.S.S.
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