Écrivain de Sicile, né à Comiso, Gesualdo Bufalino se dégagea dès la fin de son adolescence des inévitables influences postcarducciennes et du provincialisme insulaire grâce à la passion éprouvée pour le cinéma français de l'immédiat avant-guerre – Clair, Duvivier ou Renoir – et pour la traduction d'œuvres françaises et latines – ainsi les Fleurs du mal, qu'il avoue s'être d'abord amusé à retraduire en français, à partir de ses livres scolaires. Sa mobilisation en 1942 puis sa capture par les Allemands en 1943, suivie de son évasion, interrompent ses études universitaires. En 1944, atteint de la tuberculose, il est hospitalisé, d'abord à Scandiano où il peut puiser dans la bibliothèque personnelle du médecin, puis à Palerme où il guérit en 1946. Après la reprise de ses études, il ne quittera plus Comiso où il enseignera toute sa vie. C'est au moment de sa retraite qu'éclate ce qu'on a souvent nommé le « cas » Bufalino, avec la publication en 1981, et son couronnement par le prix Campiello, de Diceria dell'untore (Le Semeur de peste), un roman écrit depuis plus de dix ans, inspiré par son expérience personnelle de la maladie et de la « montagne magique […]
