2. Gérontologie clinique
La gérontologie clinique reste la base la plus solide de nos connaissances biologiques sur la vieillesse humaine, car le modèle animal est peu éclairant. Aucune espèce animale autre que l'homme n'a, en effet, réussi à allonger sa vie. Chez les homéothermes, les « longévités animales » ne sont constatées que sur l'animal « humanisé » (domestique ou de laboratoire). En fait, l'observation de l'homme parcourant les années reste le fil conducteur le plus solide de toutes les études sur le vieillissement biologique. De plus, ni l'expérimentation animale, ni l'expérimentation sur cellules isolées, ni les progrès de la biologie moléculaire ne nous ont apporté jusqu'ici des données utilisables pour le diagnostic ou le traitement des sujets âgés. Par contre, les remarquables progrès de la longévité, le fait qu'un nombre croissant de personnes de plus en plus âgées ont une vie normale et sans handicap sont à mettre au crédit de l'ensemble des progrès des sciences médicales. Il est à peine besoin de rappeler qu'aucune cure de jouvence n'a pu être validée selon les règles normales du contrôle scientifique. On ne saurait trop s'en étonner car les infirmités et les causes de mortalité sont dans l'ensemble assez bien connues et de natures multiples : on imagine mal le traitement unique qui préviendrait ou guérirait à la fois athérome, tumeur bénigne, cancer, démence, arthrose, etc. Finalement la médecine préventive, les traitements précoces et l'épidémiologie constituent l'essentiel de la gérontologie pratique.
• Caractère cumulatif de la pathologie
Le vieillard est une résultante. Une tranche d'âge plus avancée se déduit de la tranche d'âge précédente par deux opérations : élimination de certains individus (morts prématurées), acquisition d'une pathologie nouvelle ou aggravation de troubles latents. On invoque volontiers les agressions spécifiques (infections, par exemple) ou non spécifiques (le « stress »). Distinguons bien : l'agression spécifique peut faire l' […]
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