Comme son père, Germaine Lubin aurait dû être médecin, mais la nature l'avait faite pour la musique, le chant et le théâtre. Ayant brillamment terminé ses études secondaires, elle entra à dix-huit ans au Conservatoire pour en sortir quatre ans plus tard avec trois premiers prix. Prudemment, pour ses débuts, au Fidelio que lui proposait l'Opéra elle préféra l'Antonia que lui offrait l'Opéra-Comique où elle resta trois ans et participa notamment à la création du Pays de Guy Ropartz. Elle devait y revenir pour y être la première Ariane de l'Ariane à Naxos, y reprendre la Pénélope de Fauré et y fêter, en Charlotte, le centenaire de la naissance de Massenet.
En 1915, Jacques Rouché la convainquit de le rejoindre au Palais-Garnier. Elle y fera, pendant près de trente ans la plus belle part de sa carrière, commençant par des rôles lyriques tels que Marguerite de Faust, Juliette ou Thaïs puis, progressivement, abordant des rôles plus lourds : Aïda, Marguerite de La Damnation de Faust, Salammbô, Marina et ses premiers Wagner (en français), Elsa, Elisabeth, Eva, Sieglinde. Elle devait y créer La Légende de saint Christophe de Vincent d'In […]
