Évêque de Crémone (Italie), de 1871 à sa mort. Geremia Bonomelli fut le symbole du « libéralisme », opposé à l'orientation « intransigeante » du catholicisme qui prévalait dans l'Église depuis Grégoire XVI et la condamnation de Lamennais, et que Pie IX avait confirmée en 1864 par son fameux Syllabus.
Dans la situation particulière de l'Italie, l'opposition avait pris sa signification historique devant le Risorgimento, dont l'aboutissement avait été la prise de Rome en 1870. Enfermé dans les limites du Vatican, le Saint-Siège avait refusé de reconnaître le « fait accompli » et persistait à revendiquer le pouvoir temporel dont il avait été dépouillé par la monarchie unitaire. Personnellement lié à la maison de Savoie, et inquiet des conséquences de ce conflit, Bonomelli proposa en 1889, dans un opuscule anonyme, la constitution d'un État pontifical in miniaturo : condamné par l'Index, il se dénonça et se soumit publiquement dans sa cathédrale le jour de Pâques. Préoccupé par les questions sociales, il s'orienta avec modération dans le sens que devait consacrer l'encyclique Rerum novarum de Léon XIII (1891) et, à l'exemple de ce qui existait déjà po […]
