De ce philosophe historien, disciple de Descartes, ce familier de Bossuet, cet ami de Fénelon, on connaît mal la vie. Né à Paris, Cordemoy appartient par son père à la petite noblesse auvergnate. Avocat au parlement, habitué de la plupart des cercles cartésiens qui se réunissent à Paris dans les années 1660, de l'académie Bourdelot, du salon de Habert de Montmort, il acquiert la célébrité en écrivant son fameux Discernement du corps et de l'âme en six discours pour servir à l'établissement de la physique (1667), où il apparaît comme un des maîtres de Malebranche et comme un précurseur de Leibniz. Auparavant, il s'est déjà fait connaître par différents écrits traitant « de la connaissance même puis du moyen de connaître les autres et d'en être connu » ; en 1666, notamment, paraît le Discours physique de la parole : considérant que « parler n'est autre chose que donner des signes de la pensée », il distingue entre signes naturels, expressions du visage, etc. (qu'il attribue en bon cartésien aux passions et aux différents états du corps) et signes d'institution constitutifs de la langue ; il définit la parole comme l'acte de donner par les organes appropriés des s […]
